La question d’un éventuel « excès » de cervidés relève donc d’une appréciation contextuelle. Les densités locales peuvent générer des impacts significatifs sur la régénération forestière, notamment par le broutement des jeunes plants, enjeu particulièrement sensible dans le contexte du programme national de plantation d’arbres à horizon 2032. Cependant, le terme « trop » demeure subjectif et dépend des référentiels adoptés : forestiers, agriculteurs, chasseurs ou usagers récréatifs n’évaluent pas les populations selon les mêmes critères. Sur le plan écologique, les effectifs de cervidés répondent à une combinaison de facteurs biotiques et abiotiques : disponibilité trophique, structure des habitats, conditions climatiques et pression humaine. Le retour progressif de prédateurs naturels tels que le loup (Canis lupus) et le lynx (Lynx lynx) contribue localement à modifier les comportements et la distribution spatiale, sans pour autant constituer à ce stade un mécanisme de régulation à l’échelle nationale. En l’absence de limitation, les populations tendent à croître jusqu’à atteindre la capacité de charge du milieu, pouvant entraîner une dégradation de la condition corporelle et de la qualité des habitats. La gestion des cervidés relève ainsi d’un arbitrage collectif fondé sur des objectifs écologiques, économiques et sociaux, plutôt que d’une réponse uniforme à une supposée surabondance nationale.