Gironde : un bon brocard de la forêt landaise
Ce brocard aux perlures bien marquées et aux merrains de 26,5 et 24,2 cm, a été tiré le 8 août 2022, sur le territoire d’Escaudes, dans le département de la Gironde, par Pol Fangier, un chasseur de la région parisienne. Le poids brut du trophée s’élève à 491 grammes, et son volume est évalué à 160 millilitres. Les andouillers sont peu développés et l’ensemble des points octroyés pour la beauté atteint seulement 8 points. La cotation finale s’élève à 108,78 points.
Meuse : solitaire bien armé du sud de Verdun
Ce beau sanglier a été tué par Martin Kosowski, le jour de la Toussaint 2022, sur le territoire de la commune de Sommedieue, au sud de Verdun. Les défenses mesurent en longueur 19,2 et 17,8 cm, et en largeur 24,4 et 24,3 mm. La circonférence de chacun des grès atteint 7,4 cm. Ces grès, massifs et particulièrement bien courbés, ainsi que la table d’usure brun-foncé lui valent d’ailleurs 3 points de beauté. La cotation est arrêtée à 110,85 points.
Indre : exceptionnel daguet à empaumure
Ce cerf, première tête, sans meule, présente un développement exceptionnel de la partie sommitale des bois, laquelle a déjà développé une empaumure. Présenté lors de l’exposition annuelle des cerfs de Châteauroux en 2022, ce daguet remarquable provient du massif de Luzeraise au sud du département.
Marne : grand vieux sanglier
Voilà vraiment un grand vieux sanglier ! Il a été obtenu par Sébastien Roginski, le 3 janvier 2021, au nord de Châlons en Champagne. Les grès ont une circonférence de 7,6 cm pour chacun d’entre eux. Les défenses mesurent respectivement 25,6 et 24,4 cm de longueur, et les grés 26,7 et 26,8 mm de largeur. Enrichie de 3 points de beauté (1 pour les défenses et 2 pour les grès), la cotation finale s’élève à 123,45 points, ce qui place ce vieux solitaire dans le peloton de tête des meilleurs trophées de sanglier du département.
Aisne : 4 cors pendulaire
Ce brocard, de structure 4 cors, obtenu par M. de Lauriston et présenté à l’exposition des trophées 2023 de Soissons, présente une fracture très nette du pivot de droite. Il en résulte un bois pendulaire, qui fait de ce brocard, un trophée remarquable.
Haute-Marne : une belle présentation
Voilà une très belle présentation de la vie d’un cerf du massif d’Auberive. L’animal, tué par collision avec un camion sur le territoire du village d’Aujeurres, et trouvé par Antonin Monier, venait tout juste de se dépouiller de son velours. C’est ce qui explique la coloration fade et blanchâtre de sa dernière tête. La collecte de ses mues des années précédentes a permis cette originale présentation. Ce cerf est estimé à 7 ou 8 ans, pour une cotation qui s’élève à 197,32 points.



En plus des points de mensurations, sont attribués aux trophées ce qu’il est coutume d’appeler des « points de beauté ». La couleur, le grain, les meules, les pointes et la régularité du trophée composent cette rubrique qui, bien qu’elle soit encadrée par un barème précis, reste relativement subjective. En effet, entre un grain moyennement perlé et un grain fortement perlé, ou entre des meules fortes et des meules très fortes, il y a des nuances que seuls les cotateurs expérimentés peuvent apprécier. Et encore, il peut exister des différences parfois notoires entre eux. C’est pour cette raison que la cotation définitive n’est retenue que si elle a été effectuée conjointement par deux cotateurs. Ce principe est tout à fait justifié, puisque les points de beauté peuvent atteindre un total de 19, soit une proportion qui varie entre 10 à 15% du total final. Devant les deux meilleurs trophées français de brocards, bien des observateurs préfèrent le second du classement car, pour eux, il est plus « beau et plus agréable à l’œil ». Cependant, en examinant leur feuille de cotation respective, il apparaît clairement que la belle géométrie et les merrains plus longs ne peuvent compenser le poids et le volume nettement supérieurs du premier. En matière de trophée, le plaisir des yeux a ses limites… que la masse et le poids surpassent, mais quoi qu’il en soit, la cotation reste un outil qui permet d’apprécier l’état et l’évolution temporelle d’une population.
Ardennes : un beau solitaire du massif de Sedan 




De la beauté plastique des bois à la cotation, il y a un grand pas à franchir. En témoignent les deux premiers trophées de brocards français, qui illustrent à merveille l’équivoque qui existe entre la beauté d’un trophée due à son harmonie, et son aspect imposant qui rapporte plus de points qu’une belle géométrie. En ce qui concerne la cotation d’un trophée de brocard, les mensurations se divisent en deux parties. La première, qui est composée de la moyenne de la longueur des merrains et de leur envergure, caractérise la géométrie des bois. La seconde, où figurent le poids des bois à sec et leur volume, particularise l’ampleur du trophée. Cependant, les deux familles n’ont pas la même importance en terme de points. La moyenne de la longueur des merrains est affectée d’un coefficient de 0,5. Cela signifie qu’un écart très conséquent de 10 cm entre deux trophées, ne les sépare finalement que de 5 points. A contrario, le volume exprimé en millilitres est doté d’un coefficient de 0,3, ce qui fait qu’une petite différence de seulement 50 millilitres provoque un écart de 15 points. Il apparaît donc clairement que, pour ceux qui ont établi le barème CIC propre au chevreuil, un trophée de brocard doit avant tout être imposant pour « marquer » des points. Certes, il s’agit d’un choix discutable, mais ce système présente l’avantage d’exister et donc de servir de base de référence. D’autre part, même si les coefficients affectés respectivement à la géométrie et à l’ampleur sont discutables, ils présentent tout de même l’intérêt de l’objectivité des mesures qui elles, sont incontestables. 
C’est dans la salle Régis Arnould, au Centre de la Chasse et de la Nature de Saint-Laurent, que la FDC des Ardennes, en partenariat avec l’Association ardennaise des chasseurs de grand gibier, a présenté les trophées de cerfs obtenus lors de la saison passée. Pour l’ensemble du département, le tableau de chasse de l’an dernier s’élève à 211 cerfs, 366 biches et faons, 7008 chevreuils et 6635 sangliers.
Quelques 220 cerfs étaient exposés, classés par massifs, et les visiteurs pouvaient aussi admirer parmi les trophées remarquables exposés, 28 chevreuils, 3 sangliers, 2 daims et 2 mouflons. Les meilleurs trophées de cerfs proviennent de l’Argonne, dont un estimé à 9 ans, obtenu à Apremont sur Aire dont la cotation s’élève à 204,16 points. Trois autres suivent, s’approchant des 190 points, seuil de la médaille d’argent. Comme à l’habitude, c’est le massif de Vireux-Hargnies qui comptait le plus de cerfs « médaillés » avec 5 sujets de plus de 170 points. Quatre trophées de cette classe n’ont pu être enregistrés, car présentés sur un écusson indémontable ou encore montés en cape. Dommage !


Ardennes : un grand brocard de la forêt d’Argonne







Moselle : un grand-père qui a bien vieilli
Hérault : un grand mouflon tiré à l’arc
Haut-Rhin : un beau chamois vosgien 

Tout de bois et de matière

L’exposition annuelle des trophées de cerfs du département de la Moselle s’est tenue à la salle des sports de Baerenthal, dans les Vosges du Nord. Les trophées étaient présentés par massif, le département étant partagé en cinq unités de gestion : la Canner, Hémilly, Sarrebourg, Sarreguemines et Le Donon. C’est l’une des expositions du Grand-Est où l’on peut découvrir un échantillon important de daguets de deuxième tête, tous provenant du Donon, massif montagneux au sol pauvre. A l’occasion de cette exposition, Thierry Jung, président de l’Association départementale des chasseurs de grand gibier, et administrateur de la FDC de Moselle, a fait forte impression, lors de sa conférence très complète sur l’espèce cerf. Face à un auditoire attentif, c’est un véritable cours qu’il a dispensé au sujet de l’espèce, balayant toutes les connaissances indispensables devant conduire à une gestion des mieux adaptées de l’espèce.
C’est le titre du dernier DVD, signé Fabienne et Bernard Lazarus, vidéastes alsaciens bien connu, notamment des chasseurs du Grand-Est. Durant une heure, les images, tournées dans le massif vosgien, sélectionnées et montées par Fabienne et accompagnées d’un commentaire discret de Bernard, parfois agrémenté d’une note d’humour, ont conduit les spectateurs dans la vie intime des grands cervidés. Scènes inédites comme cet attendrissant baiser d’un cerf à une biche, combat acharné entre deux adultes, ou bien encore ces cerfs épuisés par le rut qui dorment debout, ou dans des postures les plus surprenantes. Et puis, après le brame, il y a aussi les blessés. Les boiteux, les borgnes, et même un aveugle tournant sur lui-même, ne sachant plus où aller… Le film se termine sur quelques images de chasse, au son des cors, et de quelques vocalises. Ce DVD est un beau cadeau à faire à ceux et celles que le cerf élaphe passionne, ou qui veulent tout simplement découvrir la vie du « Roi de nos forêts ». Contact : Fabienne et Bernard Lazarus, 22 Rue du Bitz, 67130 Lutzelhouse. Courriel : passioncommune@icloud.com
- Ardennes : un grand brocard bien perlé
- Aisne : massif brocard de Picardie
- Marne : solitaire du domaine militaire
Meuse : une belle tête atypique 
Alors que l’on vient de remiser le matériel, il reste aux chasseurs les souvenirs marquants de la saison écoulée. La facilité de faire des photos et des petites vidéos en fixeront quelques-uns, mais ce sont bien les trophées, et peu importe leurs tailles, qui souligneront, pour longtemps, la journée de récolte. Si les chasses locales sont pourvoyeuses de la majeure partie, les chasses exotiques marquent, par leur rareté, encore plus les esprits. Elles ont évolué avec l’essor des armes à feu, associées à l’évolution des moyens de transport. Si l’Asie et l’Inde étaient les territoires préférés des Anglais, les Européens, eux, trouvaient leur bonheur en Europe de l’Est, et en Afrique à partir des années 1850. Sur cet immense continent, derrière l’acte de capture proprement dit, une économie locale se mit en place dans les campements, avec du personnel indigène salarié (pisteurs, porteurs, cuisiniers, femmes de ménages), et dans les villages avec des artistes et artisans, et bien évidemment, des taxidermistes. Les trophées venaient d’entrer dans la catégorie des souvenirs, mais ils sont très vite devenus de véritables indicateurs de la santé de la faune sauvage. Les organisations internationales s’appuyaient alors, pour vanter la qualité de leur amodiation, principalement sur les mesures de longueur. Mais il fallait aller plus loin, et c’est dans les années 1860 que fut créée le plus ancien système de cotation, la « Rowland Ward », qui existe encore aujourd’hui, gérée par une famille sud-africaine.
Puis sont apparus le SCI (Safari Club International) aux Etats-Unis, le CIC (Conseil International pour la Conservation du Gibier) en Europe avec son antenne française l’AFMT (Association Française des Mensurations de Trophées). Aujourd’hui, alors que les pays africains revendiquent leur droit de gérer leur patrimoine cynégétique, cette économie, sous la pression des écolos, est exsangue. Résultat, les grands espaces et la faune sauvage reculent devant les défrichements et le braconnage, pour laisser la place aux cultures et au bétail. L’Afrique y a-t-elle gagné ? Pas sûr, car les nouveaux visiteurs, les « touristes », sont déjà blasés de cette nature et de cette faune qui n’ont plus rien de sauvage, et qui leur donnent l’impression de parcourir un parc zoologique. Le monde à l’an vert !

- Moselle : un grand cerf du massif de la Canner
- Ardennes : un grand cerf des trois frontières départementales





Estimé à 13 ans, ce vieux cerf au trophée atypique, est présenté avec ses mues de 2018, 2019 et 2020, ce qui est assez rare dans les expositions annuelles de trophées. En dépit de son âge, on remarquera que son trophée a, malgré tout, assez bien progressé jusqu’en 2020. Et c’est en 2021 qu’apparaît, sur le merrain droit, la pliure caractéristique du grand âge. En plus, le bois de gauche, présente un dédoublement de la perche juste au-dessus du surandouiller, ce qui en fait une tête bizarre vraiment remarquable. Cet animal, qui pesait 155 kg vidé, a été tiré sur la commune de Hombourg-Budange, à l’est de Thionville, le 25 septembre 2021. Il a aussi été récompensé par une médaille octroyée par la FDC de Moselle.
Ardennes : un beau solitaire
Meurthe et Moselle : brocard pendulaire