Dordogne : un beau brocard du Périgord
De longues perches de 29 et 28,6 cm, pour une envergure un peu étroite de 6,3 cm. Le volume atteint 170 ml pour un poids net de 400 grammes. Voilà un beau brocard, tiré sur le territoire de Sainte-Nathalène, à quelques kilomètres de Sarlat la Canedas, dans le Périgord, le 27 juillet dernier, par Bernard Migeot, un chasseur des Ardennes. La cotation finale, qui inclut 10,5 points de beauté, est arrêtée à 115,90 points.
Haut-Rhin : fracture de corne
Voilà un trophée de chamois vosgien qui présente une corne… qui s’est reconstruite à la suite d’une fracture probablement accidentelle, soit lors d’une chute, soit lors du rut, donnant ainsi un trophée qui sort vraiment de l’ordinaire. Dans ces cas, on entend par fracture la rupture de continuité dans une partie osseuse, tendineuse ou ligamenteuse, à l’opposé des déchirures qui ne concernent que les parties molles. Les cornes sont composées de deux éléments principaux : l’étui corné et la cheville osseuse qui fait partie de l’os frontal. C’est elle qui est responsable de la croissance des cornes grâce à un tissu chorio-épidermique. L’étui corné ou gaine quant à lui est composé de cellules épidermiques mortes et kératinisées (substance riche en soufre et fondamentale des poils, ongles, plumes, et cornes). Ce n’est pas très courant de voir un tel trophée…
Haute-Marne : affrontement fatal
On parle fréquemment des combats de cerfs en période de brame, mais bien moins souvent des affrontements acharnés et brutaux, certes plus discrets, que se livrent les brocards pour défendre leur territoire. Les bois coincés l’un dans l’autre par la force des poussées, ces deux brocards n’ont pas pu se libérer de leur duel. Epuisés, ils ont fini par mourir, l’un dans l’autre, et c’est ainsi qu’ils ont été retrouvés, le 26 décembre 2021, sur le territoire de la commune de Bay sur Aube. On remarquera la belle présentation de l’évènement, qui conserve ainsi toute son authenticité.
Bas-Rhin : un beau daim de la plaine d’Alsace
Tiré le 15 octobre 2022, voilà un des rares trophées de daim du Bas-Rhin présenté à l’exposition annuelle des trophées. Estimé à 7 ou 8 ans, le tir de cet animal est considéré comme justifié par la Commission fédérale chargé d’apprécier les tirs. Les merrains mesurent respectivement 65 et 67 cm de longueur, et leurs circonférences varie entre 12 et 14 cm. La circonférence des meules s’élève, elle, à 22 et 19 cm. L’ensemble du trophée est d’une élégante symétrie.
Ardennes : un beau brocard de la campagne de Jandun
Petit village situé au sud-ouest de Charleville-Mézières, Jandun abrite une source à l’eau non gazeuse et peu minéralisée, laquelle est exploitée par la marque Cristalline, le site étant d’ailleurs le plus important de la marque. C’est sur le territoire de cette commune, constitué de plaines cultivées et de forêts, qu’Adrien Demauljean, secrétaire-trésorier de l’AACGG, a tiré l’été dernier ce beau six pointes aux andouillers bien marqués. Le poids net du trophée s’élève à 468 grammes, et son volume est évaluée à 140 ml. Les merrains mesurent 24,8 et 22,8 cm, pour une envergure de 13,6 cm. La cotation finale atteint 108,20 points.
De la Pologne à la Haute-Saône : un cerf record tiré au brame
C’est sur un territoire des Mazuries, région située au nord-est de la Pologne, qu’Eric Jacques, un chasseur de Haute-Saône, a pu tirer ce très grand cerf, 20 cors irrégulier, à l’occasion du brame, en septembre dernier. Particulièrement discret, l’animal se tenait un peu à l’écart des places de brame habituels, mais, après une approche prudente, se tenant prêt à tirer après le passage d’une biche dans une éclaircie, Eric n’a eu qu’une fraction de seconde pour donner suite à l’accord de son guide. Le cerf, à l’impact bondit en avant, et partait avec une balle parfaitement placée, pour s’écrouler à une centaine de mètres de là. On imagine bien l’émotion du guide et du chasseur, lorsqu’ils sont arrivés auprès de ce grand cerf. Dans les instants qui ont suivi, les portables ont chauffé, annonçant la nouvelle dans les milieux cynégétiques locaux. Entre chevillures et empaumures, Eric ne faisait pas le tour des merrains avec ses mains, de cette masse impressionnante ! De retour en France, la cotation était effectuée après le mois de séchage réglementaire par un CCM (Certified CIC Mesurer), et arrêtée à 241,39 points, ce qui classe ce trophée 7ème meilleur cerf de Pologne. Ses mensurations : poids net : 11,940 kg ; longueur des merrains : 102,4 et 102,5 cm ; andouillers d’œil : 34,2 et 40,1 cm ; chevillures : 43,1 et 46,1 cm ; circonférences des meules : 32,8 et 32,5 cm ; circonférences des merrains variant de 19,3 à 19,8 cm. A cela il faut ajouter 17 points de beauté (sur 18 pouvant être attribués) pour la couleur, le grain, les pointes des surandouillers et empaumures. Un trophée exceptionnel !

Ardennes : grand cerf du massif de l’Argonne
Aisne : magnifique tête bizarre
Bas-Rhin : un chamois de 13 ans
Gironde : brocard aux bois serrés
Vosges : un bon cerf, tout juste adulte
Gers : un grand brocard du bas Armagnac
Indre : grand 12 cors régulier
Haut-Rhin : un beau chamois des sommets vosgiens
Bas-Rhin : belle tête atypique
Ardennes : un magnifique solitaire du massif de Rocroi
Meurthe et Moselle : grand cerf du massif de Parroy
Haute-Marne : brocard bizarre du sud haut-marnais
Aisne : daguet à meules
Gironde : un bon brocard de la forêt landaise
Meuse : solitaire bien armé du sud de Verdun
Indre : exceptionnel daguet à empaumure
Marne : grand vieux sanglier
Aisne : 4 cors pendulaire
Haute-Marne : une belle présentation

En plus des points de mensurations, sont attribués aux trophées ce qu’il est coutume d’appeler des « points de beauté ». La couleur, le grain, les meules, les pointes et la régularité du trophée composent cette rubrique qui, bien qu’elle soit encadrée par un barème précis, reste relativement subjective. En effet, entre un grain moyennement perlé et un grain fortement perlé, ou entre des meules fortes et des meules très fortes, il y a des nuances que seuls les cotateurs expérimentés peuvent apprécier. Et encore, il peut exister des différences parfois notoires entre eux. C’est pour cette raison que la cotation définitive n’est retenue que si elle a été effectuée conjointement par deux cotateurs. Ce principe est tout à fait justifié, puisque les points de beauté peuvent atteindre un total de 19, soit une proportion qui varie entre 10 à 15% du total final. Devant les deux meilleurs trophées français de brocards, bien des observateurs préfèrent le second du classement car, pour eux, il est plus « beau et plus agréable à l’œil ». Cependant, en examinant leur feuille de cotation respective, il apparaît clairement que la belle géométrie et les merrains plus longs ne peuvent compenser le poids et le volume nettement supérieurs du premier. En matière de trophée, le plaisir des yeux a ses limites… que la masse et le poids surpassent, mais quoi qu’il en soit, la cotation reste un outil qui permet d’apprécier l’état et l’évolution temporelle d’une population.
Ardennes : un beau solitaire du massif de Sedan 




De la beauté plastique des bois à la cotation, il y a un grand pas à franchir. En témoignent les deux premiers trophées de brocards français, qui illustrent à merveille l’équivoque qui existe entre la beauté d’un trophée due à son harmonie, et son aspect imposant qui rapporte plus de points qu’une belle géométrie. En ce qui concerne la cotation d’un trophée de brocard, les mensurations se divisent en deux parties. La première, qui est composée de la moyenne de la longueur des merrains et de leur envergure, caractérise la géométrie des bois. La seconde, où figurent le poids des bois à sec et leur volume, particularise l’ampleur du trophée. Cependant, les deux familles n’ont pas la même importance en terme de points. La moyenne de la longueur des merrains est affectée d’un coefficient de 0,5. Cela signifie qu’un écart très conséquent de 10 cm entre deux trophées, ne les sépare finalement que de 5 points. A contrario, le volume exprimé en millilitres est doté d’un coefficient de 0,3, ce qui fait qu’une petite différence de seulement 50 millilitres provoque un écart de 15 points. Il apparaît donc clairement que, pour ceux qui ont établi le barème CIC propre au chevreuil, un trophée de brocard doit avant tout être imposant pour « marquer » des points. Certes, il s’agit d’un choix discutable, mais ce système présente l’avantage d’exister et donc de servir de base de référence. D’autre part, même si les coefficients affectés respectivement à la géométrie et à l’ampleur sont discutables, ils présentent tout de même l’intérêt de l’objectivité des mesures qui elles, sont incontestables. 
C’est dans la salle Régis Arnould, au Centre de la Chasse et de la Nature de Saint-Laurent, que la FDC des Ardennes, en partenariat avec l’Association ardennaise des chasseurs de grand gibier, a présenté les trophées de cerfs obtenus lors de la saison passée. Pour l’ensemble du département, le tableau de chasse de l’an dernier s’élève à 211 cerfs, 366 biches et faons, 7008 chevreuils et 6635 sangliers.
Quelques 220 cerfs étaient exposés, classés par massifs, et les visiteurs pouvaient aussi admirer parmi les trophées remarquables exposés, 28 chevreuils, 3 sangliers, 2 daims et 2 mouflons. Les meilleurs trophées de cerfs proviennent de l’Argonne, dont un estimé à 9 ans, obtenu à Apremont sur Aire dont la cotation s’élève à 204,16 points. Trois autres suivent, s’approchant des 190 points, seuil de la médaille d’argent. Comme à l’habitude, c’est le massif de Vireux-Hargnies qui comptait le plus de cerfs « médaillés » avec 5 sujets de plus de 170 points. Quatre trophées de cette classe n’ont pu être enregistrés, car présentés sur un écusson indémontable ou encore montés en cape. Dommage !


Ardennes : un grand brocard de la forêt d’Argonne







Moselle : un grand-père qui a bien vieilli
Hérault : un grand mouflon tiré à l’arc
Haut-Rhin : un beau chamois vosgien 

Tout de bois et de matière

L’exposition annuelle des trophées de cerfs du département de la Moselle s’est tenue à la salle des sports de Baerenthal, dans les Vosges du Nord. Les trophées étaient présentés par massif, le département étant partagé en cinq unités de gestion : la Canner, Hémilly, Sarrebourg, Sarreguemines et Le Donon. C’est l’une des expositions du Grand-Est où l’on peut découvrir un échantillon important de daguets de deuxième tête, tous provenant du Donon, massif montagneux au sol pauvre. A l’occasion de cette exposition, Thierry Jung, président de l’Association départementale des chasseurs de grand gibier, et administrateur de la FDC de Moselle, a fait forte impression, lors de sa conférence très complète sur l’espèce cerf. Face à un auditoire attentif, c’est un véritable cours qu’il a dispensé au sujet de l’espèce, balayant toutes les connaissances indispensables devant conduire à une gestion des mieux adaptées de l’espèce.
C’est le titre du dernier DVD, signé Fabienne et Bernard Lazarus, vidéastes alsaciens bien connu, notamment des chasseurs du Grand-Est. Durant une heure, les images, tournées dans le massif vosgien, sélectionnées et montées par Fabienne et accompagnées d’un commentaire discret de Bernard, parfois agrémenté d’une note d’humour, ont conduit les spectateurs dans la vie intime des grands cervidés. Scènes inédites comme cet attendrissant baiser d’un cerf à une biche, combat acharné entre deux adultes, ou bien encore ces cerfs épuisés par le rut qui dorment debout, ou dans des postures les plus surprenantes. Et puis, après le brame, il y a aussi les blessés. Les boiteux, les borgnes, et même un aveugle tournant sur lui-même, ne sachant plus où aller… Le film se termine sur quelques images de chasse, au son des cors, et de quelques vocalises. Ce DVD est un beau cadeau à faire à ceux et celles que le cerf élaphe passionne, ou qui veulent tout simplement découvrir la vie du « Roi de nos forêts ». Contact : Fabienne et Bernard Lazarus, 22 Rue du Bitz, 67130 Lutzelhouse. Courriel : passioncommune@icloud.com
- Ardennes : un grand brocard bien perlé
- Aisne : massif brocard de Picardie
- Marne : solitaire du domaine militaire
Meuse : une belle tête atypique 
Alors que l’on vient de remiser le matériel, il reste aux chasseurs les souvenirs marquants de la saison écoulée. La facilité de faire des photos et des petites vidéos en fixeront quelques-uns, mais ce sont bien les trophées, et peu importe leurs tailles, qui souligneront, pour longtemps, la journée de récolte. Si les chasses locales sont pourvoyeuses de la majeure partie, les chasses exotiques marquent, par leur rareté, encore plus les esprits. Elles ont évolué avec l’essor des armes à feu, associées à l’évolution des moyens de transport. Si l’Asie et l’Inde étaient les territoires préférés des Anglais, les Européens, eux, trouvaient leur bonheur en Europe de l’Est, et en Afrique à partir des années 1850. Sur cet immense continent, derrière l’acte de capture proprement dit, une économie locale se mit en place dans les campements, avec du personnel indigène salarié (pisteurs, porteurs, cuisiniers, femmes de ménages), et dans les villages avec des artistes et artisans, et bien évidemment, des taxidermistes. Les trophées venaient d’entrer dans la catégorie des souvenirs, mais ils sont très vite devenus de véritables indicateurs de la santé de la faune sauvage. Les organisations internationales s’appuyaient alors, pour vanter la qualité de leur amodiation, principalement sur les mesures de longueur. Mais il fallait aller plus loin, et c’est dans les années 1860 que fut créée le plus ancien système de cotation, la « Rowland Ward », qui existe encore aujourd’hui, gérée par une famille sud-africaine.
Puis sont apparus le SCI (Safari Club International) aux Etats-Unis, le CIC (Conseil International pour la Conservation du Gibier) en Europe avec son antenne française l’AFMT (Association Française des Mensurations de Trophées). Aujourd’hui, alors que les pays africains revendiquent leur droit de gérer leur patrimoine cynégétique, cette économie, sous la pression des écolos, est exsangue. Résultat, les grands espaces et la faune sauvage reculent devant les défrichements et le braconnage, pour laisser la place aux cultures et au bétail. L’Afrique y a-t-elle gagné ? Pas sûr, car les nouveaux visiteurs, les « touristes », sont déjà blasés de cette nature et de cette faune qui n’ont plus rien de sauvage, et qui leur donnent l’impression de parcourir un parc zoologique. Le monde à l’an vert !