Un gîte accueillant : « Chez Papé et Mita »

Réchauffement climatique : le mercure s'affole...

Les récentes publications du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) et de l’Organisation météorologique mondiale (OMM) dressent un tableau inquiétant du réchauffement climatique. Malgré plusieurs décennies d’alertes scientifiques, les trajectoires des émissions de gaz à effet de serre laissent craindre que le seuil critique de réchauffement de 1,5°C par rapport à l’ère préindustrielle sera franchi dès les prochaines décennies, voire avant la moitié du XXIe siècle. Le premier volume du dernier rapport du GIEC, fruit d’une collaboration internationale rassemblant près de 250 scientifiques de plus de 60 pays, confirme avec force la progression continue du réchauffement global. Le rapport souligne que la hausse de la température moyenne planétaire s’est accentuée et qu’elle pourrait dépasser le seuil de 1,5°C entre 2021 et 2040. Ce palier, fixé par l’accord de Paris en 2015 comme limite à ne pas dépasser pour éviter les conséquences les plus catastrophiques, semble désormais à portée de main. Toutefois, comme pour une éruption volcanique dont on sait qu’elle finira par survenir sans pouvoir prédire précisément la date, les scientifiques restent certains de l’inéluctabilité du changement climatique, mais incertains quant au calendrier exact de ses impacts...

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Le lieutenant de louveterie : l'indispensable auxiliaire de l'administration

Le lieutenant de louveterie, figure emblématique du patrimoine cynégétique français, incarne une tradition séculaire dédiée à la gestion de la faune sauvage et à la régulation des populations animales. Depuis sa création par Charlemagne, vers 812, pour contrer les menaces sur les troupeaux et les villages, ce corps a évolué pour répondre aux défis contemporains tout en préservant ses racines historiques. Aujourd'hui, bien que les grands prédateurs soient de retour dans la plupart des régions de France, le rôle du lieutenant de louveterie s'est élargi. En tant qu'intermédiaire entre les autorités administratives, les chasseurs et les défenseurs de la biodiversité, il jongle avec les intérêts souvent divergents, de ces parties prenantes. Son engagement réside dans la préservation de l'équilibre fragile entre la protection des espèces sauvages, et la gestion nécessaire des populations animales pouvant causer des dommages économiques ou écologiques, comme les sangliers, les renards et les cervidés. La régulation demeure au cœur de son action. Les missions de battues administratives, menées en collaboration avec les chasseurs locaux, visent à limiter les nuisances causées par une surpopulation animale. Ces interventions se déroulent dans le strict respect de la législation et des normes éthiques, mettant un point d'honneur à considérer les dynamiques écologiques et les spécificités locales pour une gestion durable et responsable...

 

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Les étonnants voyages des oiseaux migrateurs...

Dès la mi-août, le grand ballet des migrations s’amorce. Dans les marais, sur les plages et dans les zones humides, les premiers départs se préparent. Pour le sauvaginier, l’un des moments les plus palpitants reste la reprise d’un oiseau bagué. Cette découverte et la transmission des informations au Muséum ou à la station de baguage correspondante, c’est un peu comme recevoir la carte postale d’un voyageur au long cours. Sur la fiche de baguage reçue en retour, on découvre l’itinéraire de l’oiseau, la distance parcourue, le temps écoulé depuis sa capture initiale. Et parfois, ces données laissent pantois... Il arrive qu’un simple coup d’œil aux chiffres suffise à mesurer la performance. Ainsi, une sarcelle d’hiver baguée sur les côtes de la mer du Nord, fut reprise dès le lendemain dans la réserve de Doñana, au cœur du delta du Guadalquivir, en Andalousie. Elle avait parcouru plus de 1 800 kilomètres en moins de 24 heures. De même, des canards colverts, bagués en Camargue le matin, ont été observés le soir même dans le nord de la France, ayant franchi plus de 700 kilomètres dans la journée. Les oies cendrées, grandes voyageuses de nos zones humides, réservent aussi leur lot de surprises. Parmi celles qui hivernent chaque année sur les rives du lac du Der, en Champagne, un petit groupe porteur de colliers colorés numérotés a été observé faisant de rapides allers-retours en Hollande. Ces déplacements express démontrent à quel point certaines espèces gèrent leur migration avec souplesse, capables de franchir de longues distances pour répondre à une opportunité alimentaire, ou à un caprice de la météo...

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Feux de forêt : comment se comporte la faune sauvage ?

Chaque été, les incendies de forêt marquent tragiquement l’actualité. Si les images se concentrent souvent sur les flammes et les dégâts matériels, un autre drame se joue à huis clos : celui de la faune sauvage. Du plus petit insecte au plus imposant des ongulés, chaque espèce doit faire face à la menace d’un environnement qui s’embrase. Mais toutes n’y réagissent pas de la même manière. Les stratégies varient selon la taille, la mobilité, l’instinct et même… l’histoire évolutive. Et la différence est notable entre un petit feu maîtrisé, et un incendie massif et incontrôlable... Chez les insectes, la survie dépend souvent de la rapidité à trouver un refuge. Beaucoup, comme certaines fourmis ou coléoptères, s’enfouissent profondément dans le sol ou se glissent sous des écorces épaisses. Quant aux larves, elles peuvent échapper au feu, si elles sont assez profondément enfouies sous terre. Fait étonnant : certaines espèces, appelées insectes pyrophiles, sont attirées par les incendies. Les coléoptères du genre Melanophila, par exemple, détectent l’infrarouge à plusieurs kilomètres et viennent pondre leurs œufs dans les troncs encore fumants, là où les prédateurs sont rares et la nourriture abondante...

 

Petits animaux terrestres : se cacher ou fuir

Rongeurs, reptiles et amphibiens ont deux options : l’évasion ou le camouflage. Les terriers profonds offrent une protection efficace, tout comme les fissures rocheuses ou les troncs creux encore verts. Si le feu est lent, certains parviennent à s’éloigner à temps. Mais face à un incendie rapide, comme lors de fortes rafales de vent, leur vitesse limitée les rend très vulnérables. Après le feu, les rescapés sont confrontés à un nouveau défi : retrouver un habitat et une nourriture suffisante dans un paysage calciné...

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Chasse : les interdictions commerciales encouragent le braconnage plutôt que la conservation...

Les débats actuels autour des politiques de conservation et des interdictions commerciales sont marqués par des opinions divergentes sur l'efficacité des restrictions strictes imposées par la CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction). À l'approche de la 20e Conférence des Parties, qui se tiendra en novembre 2025, l'Association allemande de chasse (DJV) et la délégation allemande du Conseil international pour la conservation du gibier et de la faune sauvage (CIC) soulèvent des préoccupations majeures. Elles prônent un changement fondamental de politique, argumentant que les interdictions commerciales, loin de favoriser la conservation, encouragent le braconnage. Elles affirment que les approches basées sur des interdictions généralisées sont souvent motivées par des idéologies, plutôt que par des stratégies scientifiquement fondées. Cette approche, selon elles, nuit aux modèles efficaces de conservation localement adaptés en Afrique, où des pays comme la Namibie, l'Afrique du Sud, le Botswana et le Zimbabwe, cherchent à gérer leurs ressources fauniques de manière durable. Un exemple intéressant est celui de l'éléphant en Afrique australe. Bien que les populations soient stables voire en croissance, le commerce légal de l'ivoire est largement interdit, privant ainsi les communautés locales de revenus précieux pour la conservation et la lutte contre le braconnage. Cette situation crée également des conflits croissants entre les éléphants et les populations locales, mettant en péril les moyens de subsistance et l'harmonie communautaire...

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Chasse de la tourterelle des bois...

Dans le cadre de sa politique de préservation de la biodiversité et conformément à la directive 2009/147/CE sur la conservation des oiseaux sauvages, la France adapte ses règles de chasse pour répondre aux exigences de conservation européennes. Un projet d'arrêté, actuellement soumis à l'avis du public, s'inscrit dans ce contexte, aligné sur les recommandations du groupe d'experts NADEG (Nature Directives Expert Group), chargé de surveiller la mise en œuvre des directives « Oiseaux » et « Habitats ». Lors de la réunion du NADEG du 1er avril 2025, la Commission européenne avait noté une amélioration de l'état de conservation de la tourterelle des bois le long de sa voie de migration centre-ouest, une zone incluant la France. Cette évolution positive ouvre la voie à une reprise encadrée de la chasse, avec un plafond de prélèvement fixé à 10 560 individus pour la saison cynégétique 2025/2026, recommandé par le comité d'experts sur la gestion adaptative. L'arrêté propose un cadre strict pour la chasse de cet oiseau, visant à concilier la pratique cynégétique avec les impératifs de conservation de l'espèce. Chaque chasseur sera donc tenu de déclarer immédiatement tout prélèvement, via l'application mobile ChassAdapt, sous peine d'infraction. De plus, les agents habilités utiliseront l'application « ChassControl » pour vérifier les déclarations sur le terrain. Pour assurer un suivi quotidien, les prélèvements seront transmis par la FNC à l'OFB et au ministère en charge de la chasse, et dès que le plafond national sera atteint, toute déclaration via ChassAdapt sera bloquée et tout prélèvement supplémentaire deviendra donc illégal. En fin de saison, la FNC fournira un bilan consolidé des prélèvements et un rapport d'évaluation des contrôles effectués avant le 1er juin 2026. Le projet d’arrêté, ayant une incidence directe sur l’exercice de la chasse et sur l’environnement, nécessite une consultation du public qui est ouverte jusqu’au 22 août 2025.

Le botulisme : une épizootie silencieuse à fort impact écologique

Le botulisme, toxi-infection paralysante, affecte régulièrement la faune sauvage dans des régions humides. Mais, loin d’être un phénomène anecdotique, cette pathologie touche à la fois la biodiversité, les activités cynégétiques et la santé publique. Une approche rigoureuse permet d’en comprendre les mécanismes, les espèces concernées, les risques de récidive et les réponses à apporter. Le botulisme est provoqué par des neurotoxines très puissantes produites par des bactéries anaérobies du genre Clostridium, principalement Clostridium botulinum, présentes naturellement dans les sédiments. Ce sont les types C et E qui sont le plus souvent impliqués dans les épizooties affectant les oiseaux sauvages. Les conditions favorisant la production de toxine sont bien connues : une température de l’eau supérieure à 20 °C, une faible teneur en oxygène, une forte charge en matière organique et la présence de cadavres ou de débris animaux servant de substrat. Ces paramètres sont fréquemment réunis en été et en début d’automne dans les zones humides eutrophisées, peu profondes, aux eaux stagnantes ou mal renouvelées. La décomposition des animaux morts déclenche un cercle vicieux : les toxines paralysent les oiseaux, qui meurent et deviennent à leur tour des sources de bactéries et de toxines, entraînant une amplification rapide. Les oiseaux d’eau sont les premières victimes. Parmi les espèces les plus sensibles figurent les anatidés (canards, oies), les rallidés (foulques, poules d’eau) et les limicoles (bécassines, chevaliers). Les larves de mouches (asticots) jouant un rôle de vecteur, les oiseaux insectivores peuvent également être contaminés en les ingérant. Plus rarement, les rapaces sont touchés par ingestion de proies contaminées. Le botulisme agit en bloquant la transmission neuromusculaire, provoquant une paralysie flasque. Les oiseaux affectés montrent une incapacité à voler, nager ou tenir la tête droite, ce qui entraîne souvent une noyade ou une mort par épuisement...

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Surveillance et gestion des bécassines : bilan et perspectives...

Depuis sa création en 2006, le réseau bécassines s'est engagé à collecter des données importantes pour la gestion des bécassines des marais et des bécassines sourdes, en France. Le projet Balise, lancé en 2017, vise à identifier les zones de reproduction sur le territoire français et à étudier la migration de ces oiseaux. La saison 2024-2025 s'est révélée exceptionnelle, marquant un succès avec la capture, sur 51 départements, de 3 181 bécassines (2547 bécassines des marais, et 634 bécassines sourdes), le deuxième plus grand nombre depuis l'établissement du réseau. La lettre d’informations de l’OFB présente un bilan détaillé des captures à l'échelle nationale et régionale, ainsi que des résultats sur le ratio d'âge et les reprises de bagues. Elle aborde également les expériences originales, telles que les captures en milieu urbain et par drone, ainsi que les développements récents du programme Balise. Dans une perspective européenne, le groupe d'experts NADEG s'intéresse également à la durabilité de la chasse des espèces migratrices, incluant la bécassine des marais. La France, en tant que l'un des principaux préleveurs européens, est particulièrement concernée et pourrait être amenée à adopter des mesures de régulation, bien que l’analyse menée par le CNRS/CEFE, ne montre pas de déclin significatif, ni d'amélioration notable, depuis 2006-2007. Des données supplémentaires sont donc nécessaires pour une évaluation plus précise, soulignant l'importance continue des efforts de collecte de données, mais nul doute que là encore, l’étau se resserre...