Lorsqu’on évoque Nicolae Ceaușescu, dictateur déchu de Roumanie en 1989, on pense au béton gris des HLM des anciens pays de l'Est, aux queues devant les boucheries vides, au culte grotesque d’un couple dictatorial qui croyait pouvoir faire plier la réalité. Ce que l’on sait moins, c’est que Ceaușescu, à ses heures de loisir, était un chasseur acharné.
Un vrai collectionneur de trophées : ours, cerfs, sangliers, il en avait des centaines, soigneusement étiquetés, parfois retouchés pour paraître plus grands. Il chassait comme il gouvernait : avec excès, vanité et mise en scène. En 1986, lors d’une tournée diplomatique en Afrique australe, Ceaușescu et sa délégation firent une halte officielle au Zimbabwe. Robert Mugabe, Premier ministre en poste, voyait dans ce voyage une occasion d’asseoir son image à l’international.
Les deux hommes partageaient le goût du pouvoir absolu et des discours fleuves. Mais Ceaușescu avait posé une exigence supplémentaire : il voulait chasser un éléphant. Or, le Zimbabwe venait tout juste de renforcer la protection de ses grands pachydermes dans certaines zones clés, notamment dans la réserve de Hwange, où les derniers mâles âgés étaient devenus de véritables symboles nationaux. Parmi eux, un colosse solitaire, surnommé Gonorenda, portait une paire de défenses impressionnantes, visible de loin. Les guides le connaissaient, les rangers l'admiraient. Cet animal était l’un des derniers « seigneurs » des plaines, âgé de plus de cinquante ans. Respecté par ses congénères, il était devenu intouchable, du moins jusqu'à l'arrivée du dictateur roumain...
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