Le Petit Journal de deux indissociables : la chasse et l'environnement

Maladie d’Aujeszky : sur la piste d’un vaccin

La semaine dernière, l’Association départementale des chasseurs de grand gibier 71 a organisé à Saint-Marcel une conférence consacrée à la maladie d’Aujeszky, réunissant une cinquantaine de participants. Animée par Jean-Louis Laurent, docteur vétérinaire et ancien président de l’association, cette rencontre intervenait dans un contexte préoccupant. Après un cas détecté dans l’Allier, une nouvelle contamination a été confirmée en Côte-d’Or, attestant de la circulation persistante du virus chez les sangliers. La région Bourgogne-Franche-Comté reste en effet l’une des zones françaises où la prévalence du virus est significative, ce qui explique les contaminations régulières observées chez les chiens de chasse. Le vétérinaire a rappelé que la maladie d’Aujeszky, aussi appelée pseudo-rage, est une infection virale touchant principalement le porc domestique et le sanglier, qui en sont les réservoirs naturels. Si la filière porcine française est officiellement indemne depuis les années 2000, le risque demeure pour d’autres mammifères, notamment les chiens, chez lesquels l’infection est presque toujours mortelle. La contamination se fait par contact direct avec des fluides infectés ou indirectement via du matériel, des vêtements ou des aliments souillés. Chez les chiens, l’évolution est fulgurante, avec des troubles nerveux sévères et une issue fatale en quelques dizaines d’heures...

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Affaire du cerf abattu chez Luc Besson : retour sur une chasse controversée et une décision judiciaire très suivie

L’affaire remonte à février 2025. Ce jour-là, deux chasseurs, accompagnés de leurs chiens, participent à une battue au cerf dans le secteur de Cisai-Saint-Aubin (Orne). Au cours de l’action, un cerf blessé parvient à échapper aux chasseurs et se réfugie sur une propriété privée appartenant au réalisateur Luc Besson, un domaine occupé par sa mère. Selon les éléments de l’enquête, les deux hommes décident alors de pénétrer sur le terrain sans autorisation afin d’achever l’animal, accompagné de leurs chiens. Le cerf est abattu sur place, provoquant une réaction immédiate du cinéaste, alerté des faits. Rapidement médiatisée, l’affaire prend une ampleur nationale, à la croisée de plusieurs sensibilités : respect de la propriété privée, pratique de la chasse et protection symbolique de la faune sauvage. Une plainte est déposée et une procédure judiciaire engagée. Le dossier est examiné en décembre 2025 par le tribunal judiciaire d’Argentan. À la barre, Luc Besson livre un témoignage très remarqué, insistant sur le caractère paisible de l’animal et sur la violation manifeste de la propriété familiale. Ses déclarations, largement reprises par les médias, contribuent à renforcer la dimension émotionnelle de l’audience. Les chasseurs, de leur côté, reconnaissent être entrés sur le terrain, tout en invoquant le contexte de la battue et la volonté d’abréger les souffrances de l’animal incapable de fuir. Après mise en délibéré, la décision a été rendue le 20 janvier 2026. Les deux hommes sont reconnus coupables de violation de propriété privée et de manquements aux règles encadrant l’exercice de la chasse. Ils écopent de stages de sensibilisation à la réglementation de la chasse et à une amende de 1 200 € pour l’un, 600 € pour l’autre. Leur permis de chasse leur est également retiré pour une durée d’un an et ils devront verser solidairement 3 000 euros de dommages et intérêts à deux associations animalistes, parties civiles. Si le jugement est identique aux réquisitions du Parquet, il repose juridiquement sur des faits établis. Cependant, plusieurs observateurs estiment que la notoriété de Luc Besson ainsi que la portée symbolique de son témoignage ont probablement pesé dans l’appréciation globale du dossier.


Et si nous regardions enfin le bon indicateur ?

Avec « Et si ce n’était pas le climat ? », Frédréric Gruet, polytechnicien, conjugue rigueur scientifique, sens pédagogique et qualité d’écriture. Son propos, préfacé par Hélène Soubelet, directrice de la Fondation pour la recherche sur la biodiversité, s’appuie sur des solutions économiques, institutionnelles et techniques crédibles, tout en démontant avec précision les « fausses solutions » souvent mises en avant. L’auteur propose un déplacement salutaire du regard écologique. Sans nier l’urgence climatique, il invite à remettre la biodiversité au cœur du débat public, là où se joue pourtant l’essentiel : la stabilité des écosystèmes, notre sécurité alimentaire, notre santé et notre capacité à faire face aux crises futures. Car pendant que le climat occupe l’espace médiatique, la sixième extinction de masse des espèces s’accélère dans une relative indifférence. L’essai frappe par sa clarté et son ambition. Frédéric Gruet démontre, exemples scientifiques à l’appui, que la biodiversité n’est pas un « supplément d’âme » écologique mais le socle même de toute vie sur Terre. Déforestation, urbanisation galopante, pollution, guerres, surexploitation des ressources : l’auteur décrypte les causes profondes de l’effondrement du vivant et en montre les conséquences très concrètes pour nos sociétés. Ce livre n’est ni un manifeste anxiogène ni un constat résigné. Au contraire, il se distingue par sa force mobilisatrice. Frédéric Gruet défend l’idée que la biodiversité constitue un levier politique puissant, capable de rassembler largement, car ses bénéfices sont visibles, locaux et immédiats. Restaurer des écosystèmes, protéger les sols, les forêts ou les zones humides, c’est agir ici et maintenant, avec des résultats tangibles. À 19,90 €, ce livre est une invitation à repenser nos priorités écologiques et à renouer avec l’espoir. Un essai essentiel pour celles et ceux qui veulent non seulement comprendre l’effondrement du vivant, mais surtout contribuer à dessiner un futur désirable et possible.

 

Chez : EdiSens, 4 rue des Anglais, 75005 Paris. Téléphone : 01-43-54-41-18.

Courriel : contact@edisens.fr


Signature et contenu de l’arrêté relatif à la typologie des haies

L’arrêté fixant la typologie de haies utilisée pour l’application du régime unique de la haie (NOR : TECL2600964A) a été pris en application du 2° de l’article L. 412-27 du code de l’environnement, issu de l’article 37 de la loi n° 2025-268 du 24 mars 2025 (OSARGA). Cet arrêté concerne les porteurs de projets de destruction de haies au sens de l’article L. 412-21 du code de l’environnement, les préfets de département, les services déconcentrés de l’État ainsi que les agents chargés des contrôles. Il définit les types de haies servant de référence à l’application du régime unique, notamment pour l’évaluation de la valeur écologique des haies et la détermination des coefficients de compensation. Le texte entre en vigueur au lendemain de sa publication au Journal officiel de la République française. Il a été pris après avis du Conseil national de la protection de la nature et à l’issue d’une consultation du public réalisée conformément à l’article L. 123-19-1 du code de l’environnement. L’arrêté établit trois types génériques de haies :

- les haies buissonnantes basses,

- les haies arbustives,

- les haies arborées.

Lorsque les haies sont implantées en bordure d’un milieu en eau permanente (cours d’eau, plan d’eau, mare, canal), leur typologie est complétée par la mention « ripisylve ». L’exécution de cet arrêté est confiée à la ministre de la Transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature, Monique Barbut, ainsi qu’à la ministre de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Souveraineté alimentaire, Annie Genevard...

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Pourquoi les oiseaux ne migrent pas tous de la même façon

Chaque année, des milliards de petits oiseaux migrateurs traversent des obstacles impressionnants pour rejoindre leurs zones d’hivernage en Afrique : mers, montagnes… et surtout le Sahara. Mais comment ces oiseaux, parfois pas plus gros qu’un moineau, parviennent-ils à franchir de telles barrières ? Une étude récente apporte un éclairage inédit : leur stratégie de vol dépend étroitement de la forme de leurs ailes et de la couleur de leur plumage. Grâce à de minuscules balises embarquant plusieurs capteurs, les chercheurs ont suivi 17 espèces de petits oiseaux lors de la traversée de la mer Méditerranée, du golfe de Gascogne et du désert du Sahara. Résultat : au-dessus de la mer, les oiseaux volent bas, parfois à quelques dizaines de mètres au-dessus de l’eau. En revanche, au-dessus du Sahara, ils prennent de la hauteur : en moyenne 1 600 mètres la nuit et jusqu’à 2 800 mètres le jour. Pourquoi voler si haut dans le désert ? Principalement pour éviter la surchauffe. En altitude, l’air est plus frais et permet aux oiseaux de mieux supporter la chaleur extrême et le rayonnement solaire. L’étude confirme aussi que les espèces aux ailes larges montent plus facilement en altitude, tandis que celles au plumage plus foncé ou aux os d’ailes plus courts volent encore plus haut, probablement pour limiter l’absorption de chaleur. Ces résultats montrent que migration rime avec adaptation fine : chaque détail du corps de l’oiseau compte pour survivre à ces voyages extrêmes. Au-delà de la prouesse, cette recherche aide aussi à mieux comprendre comment le changement climatique pourrait affecter les routes migratoires à l’avenir.


L’arbre de l’année 2025

Le concours L’Arbre de l’année 2025 a une nouvelle fois mis en lumière le patrimoine arboré français à travers des arbres remarquables par leur histoire, leur beauté et leur rôle écologique. Organisé par le magazine Terre Sauvage, l’Office national des forêts et l’association A.R.B.R.E.S., le concours a rassemblé cette année 120 candidatures venues de toute la France. Après une première sélection réalisée par un jury d’experts, 13 arbres ont été retenus pour représenter chacun une région. Ces finalistes, aux essences variées (hêtre, chêne, cèdre, frêne, tulipier ou encore micocoulier...) racontaient 13 histoires singulières, mêlant mémoire locale, biodiversité et paysages. Du 7 novembre au 22 décembre 2025, le public a été invité à voter pour son arbre favori afin de désigner le lauréat du Prix du public. La mobilisation a été remarquable, avec près de 26 000 votants, soit plus du double de l’édition précédente.

 

Le Prix du Public : il a été attribué à un ginkgo biloba exceptionnel situé dans le parc du domaine de Saint-Hilaire, à Meung-sur-Loire, en région Centre-Val de Loire. Âgé d’environ 170 ans, haut de 27 mètres et doté d’un tronc de plus de cinq mètres de circonférence, cet arbre d’origine chinoise a séduit par son allure majestueuse et son feuillage spectaculaire à l’automne. Découvert par ses propriétaires lors de l’achat du domaine, il est aujourd’hui considéré comme l’âme du lieu. Labellisé « Arbre remarquable », il représentera la France au concours européen de l’Arbre de l’année en février 2026.

 

Le Prix du Jury : 

il a distingué le hêtre laciné du parc François-Mitterrand, à Hellemmes, près de Lille. Ce spécimen emblématique du patrimoine arboré local, âgé d’environ 155 ans, se caractérise par son port majestueux et sa silhouette élégante. Lui aussi labellisé « Arbre remarquable », il symbolise le lien fort entre nature et espaces urbains.

 

Le Prix Coup de Coeur : il a récompensé le chêne pédonculé de la ferme de Chanceron, dans l’Aube. Véritable témoin vivant de l’histoire paysagère et écologique du territoire, ce géant rural, âgé de 500 à 800 ans, impressionne par ses dimensions exceptionnelles et sa longévité.

 

À travers ces trois distinctions, le concours rappelle l’importance de préserver et de transmettre ce patrimoine naturel unique, profondément ancré dans les territoires et les mémoires collectives.


Dernier acte : le Parlement européen bloquera-t-il le Mercosur ?

L’accord commercial entre l’Union européenne (UE) et le Mercosur, bloc sud-américain comprenant l’Argentine, le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay, est désormais sur le point d’être signé après plus de 25 ans de négociations entre les deux parties. Ce traité, qui a été approuvé par une majorité qualifiée des États membres de l’UE, ne marque toutefois pas la fin du processus : il doit encore être formellement ratifié par le Parlement européen avant de pouvoir entrer en vigueur. Le Conseil de l’UE a donné, le 9 janvier 2026, son feu vert à la signature de deux textes distincts : l’accord de partenariat UE-Mercosur (EMPA), qui comprend le volet commercial mais aussi la coopération politique et sectorielle, et l’accord commercial intérimaire (iTA), qui couvre essentiellement la réduction des droits de douane et l’ouverture des marchés. Ces deux textes doivent maintenant recevoir le consentement des eurodéputés dans le cadre du processus de ratification européen. C’est précisément à ce stade que le Parlement européen peut encore bloquer l’accord. Les traités de l’UE requièrent l’approbation du Parlement pour que des accords commerciaux puissent être conclus par l’Union. Sans ce vote positif, l’accord ne peut pas être ratifié et ne peut donc pas entrer en vigueur de manière définitive. Plusieurs eurodéputés s’opposent à l’accord, notamment en raison de préoccupations liées à l’agriculture, à l’environnement et à la souveraineté législative de l’UE. Un point de tension porte sur un mécanisme de « rééquilibrage » intégré au texte, qui permettrait aux pays du Mercosur de demander des compensations si des législations européennes futures réduisaient leurs exportations vers l’UE. Certains parlementaires estiment que ce mécanisme pourrait contourner des principes fondamentaux du droit de l’Union européenne. En conséquence, un projet de résolution a été déposé par des députés verts et de gauche demandant au Parlement de saisir la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) pour obtenir un avis juridique sur la compatibilité de cet accord avec les traités européens avant de procéder à un vote de consentement. Si cette résolution est adoptée, cela pourrait mener à une suspension du processus de ratification le temps que la CJUE émette son avis, ce qui retarderait notablement l’entrée en vigueur de l’accord. Dans ce contexte, l’opposition ne se limite pas à une simple résistance politique : elle s’appuie sur des arguments juridiques, environnementaux et économiques qui pourraient influencer le vote des eurodéputés au printemps 2026. Un rejet du Parlement ou une décision défavorable de la CJUE rendrait nécessaire une renégociation du texte ou des ajustements substantiels, rallongeant encore le long chemin vers la mise en œuvre de ce traité commercial majeur.


Réchauffement climatique : la planète franchit le seuil critique plus tôt que prévu

L’année 2025 s’est imposée comme la troisième année la plus chaude jamais enregistrée dans le monde, confirmant la tendance inquiétante d’un réchauffement climatique rapide et persistant. Selon l’observatoire Copernicus, la température moyenne globale a atteint 14,97 °C, soit +1,47 °C au-dessus de l’ère préindustrielle (1850-1900). Ce seuil critique n’avait jamais été franchi de manière aussi nette et durable que durant la période 2023-2025, marquant la première période triennale excédant durablement +1,5 °C, un indicateur clé fixé par l’Accord de Paris. Les données mensuelles montrent que tous les mois de 2025, à l’exception de février et décembre, ont été plus chauds que n’importe quel mois équivalent avant 2023, avec janvier 2025 enregistrant des records historiques. Ces résultats sont corroborés par les scientifiques de Berkeley Earth, qui observent une accélération du réchauffement entre 2023 et 2025, suggérant une intensification du changement climatique d’origine humaine, principalement due aux émissions continues de gaz à effet de serre issues de la combustion de charbon, pétrole et gaz. Face à ces constats, les climatologues anticipent que 2026 figurera parmi les cinq années les plus chaudes jamais mesurées, et pourrait même rivaliser avec 2025 en termes de température moyenne annuelle. Comme le souligne Samantha Burgess, directrice adjointe du service climat de Copernicus, la trajectoire est « très, très claire » et pourrait être encore accentuée si le phénomène El Niño, connu pour son effet réchauffant, venait à se manifester. D’autres facteurs influencent également ce réchauffement. Paradoxalement, la réduction mondiale des émissions de dioxydes de soufre des navires depuis 2020, bénéfique pour la qualité de l’air, a atténué l’effet refroidissant des aérosols atmosphériques, augmentant légèrement l’impact du réchauffement global. Carlo Buontempo, directeur du service changement climatique de Copernicus, reconnaît que le dépassement du seuil de +1,5 °C est désormais inévitable, et que le véritable enjeu est de déterminer comment gérer au mieux ses conséquences sur les sociétés humaines et les écosystèmes naturels. Copernicus estime désormais probable que le réchauffement durable au-delà de +1,5 °C soit officiellement confirmé d’ici la fin de cette décennie, soit plus d’une décennie plus tôt que prévu.


La semaine en bref...

- Alpes-Maritimes : le Tribunal de police de Nice a rendu, le 5 janvier 2026, sa décision dans une affaire de chasse illégale au chamois sur la commune de Venanson. Trois chasseurs étaient poursuivis pour des faits qualifiés d’organisés et répétés. L’enquête menée par l’OFB a établi l’abattage illégal d’un éterlou femelle âgé de moins d’un an lors d’une battue, avec l’usage prohibé d’un chien, en présence du président de la société de chasse et d’un garde particulier. Une seconde battue illégale constatée en octobre 2024 a confirmé l’organisation des infractions. L’affaire a été examinée à l’audience du 1er décembre 2025, l’Association Stéphane Lamart s’étant constituée partie civile. Par jugement, le tribunal a déclaré les trois prévenus coupables. Le chasseur rabatteur a été condamné à une amende de 300 euros et à une suspension du permis de chasser de trois mois. Le président de la société de chasse a écopé d’une amende de 500 euros, d’une suspension du permis d’un an et de la confiscation de la carabine utilisée. Le garde particulier a été condamné à une amende de 500 euros et à une suspension du permis de chasser de six mois. Sur le plan civil, les prévenus ont été condamnés à indemniser les préjudices moral et écologique reconnus par le tribunal.

 

- Ardèche : la préfecture a pris un arrêté autorisant un louvetier à réguler, jusqu’au 6 février, les populations de sangliers et de chevreuils sur la commune de Saint-Péray. Cette décision, demandée par le domaine viticole de Vichouere, vise à limiter les dégâts sur les parcelles agricoles, en particulier les vignes. Les chevreuils, dont la population locale semble se concentrer, causent des pertes importantes pour les viticulteurs. Guillaume Gilles, vigneron à Saint-Péray et Cornas, a ainsi constaté au printemps dernier des rameaux totalement endommagés, estimant ses pertes à plusieurs milliers d’euros. Avec deux autres domaines, les pertes sont évaluées à environ 15 000 euros. Ce dispositif permet au louvetier d’intervenir « par tout moyen autorisé par la réglementation » pour protéger les cultures. Pour les exploitants, il ne s’agit pas de supprimer la faune mais de maintenir un équilibre nécessaire face à des populations qui deviennent localement trop importantes.

 

Ardèche encore : même les routes semblent participer à la saison de la chasse. Le samedi 10 janvier, un chasseur de l’ACCA de Saint-Julien-le-Roux, engagé dans une battue au sanglier, a vécu une mésaventure pour le moins… piquante. Alors qu’il circulait tranquillement sur la RD 21, entre le hameau de Roissac et le col de Serre-Mure, son véhicule a soudainement rendu les armes : crevaison nette de la roue arrière droite. La cause ? Un bois de chevreuil solidement encastré en plein cœur du pneu. Une rencontre inattendue entre caoutchouc et ramure, remportée sans appel par la nature. Les chevreuils perdant leurs bois en cette période, l’un d’eux avait visiblement décidé de se poster au bord de la chaussée, prêt à l’embuscade. Bilan chez le garagiste : pneu irréparable. Comme quoi, en hiver, certains trophées ne se ramassent pas sans risque…

 

- Aude : les zones humides du Narbonnais célèbrent en 2026 les 20 ans de leur reconnaissance internationale par le label Ramsar. Attribué en 2006 aux étangs du Narbonnais, ce label souligne l’importance majeure de ces milieux pour leur biodiversité remarquable, leurs paysages emblématiques et les activités humaines traditionnelles, comme la pêche lagunaire. Pour marquer cet anniversaire, le Parc naturel régional de la Narbonnaise en Méditerranée propose plusieurs temps forts ouverts au public, avec pour objectif de sensibiliser à la préservation de ces espaces naturels aussi riches que fragiles. Parmi eux, un concours photo est organisé du 3 au 25 janvier 2026. Ouvert à tous, il invite habitants et passionnés à poser leur regard sur les zones humides à travers quatre catégories : paysages, faune et flore, activités humaines et jeunes de moins de 18 ans. Les clichés seront examinés par un jury de photographes et de scientifiques. Chaque lauréat remportera un panier garni d’une valeur de 80 euros. Les résultats seront dévoilés le 6 février 2026 lors d’une soirée spéciale au Théâtre de Narbonne, mêlant projection de film et conférence scientifique, en écho à la Journée mondiale des zones humides célébrée chaque 2 février...

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Mercosur : l’Europe marche sur la tête et piétine les forêts

L’Europe aime les grands discours. Elle se proclame championne de la lutte contre le changement climatique, multiplie les règlements contre la déforestation importée et impose à ses agriculteurs des normes toujours plus strictes. Mais, dans le même temps, elle ouvre grand ses frontières à la viande d’Amérique du Sud, dans le cadre de l’accord Mercosur. Cherchez l’erreur... Car derrière les mots policés du libre-échange se cache une réalité brutale : importer massivement de la viande bovine du Brésil, d’Argentine ou du Paraguay revient à encourager directement la destruction des forêts tropicales. En Amazonie comme dans le Cerrado, la déforestation progresse d’abord pour une raison simple : créer des pâturages et des surfaces agricoles destinées à l’exportation. Chaque tonne de viande sud-américaine consommée en Europe est potentiellement issue d’hectares de forêts rasés, brûlés, anéantis. L’hypocrisie est totale. D’un côté, Bruxelles explique vouloir interdire les produits liés à la déforestation, de l’autre, elle signe un accord qui rendra ces mêmes produits plus compétitifs sur le marché européen. Comment croire à une politique environnementale crédible quand les décisions commerciales contredisent frontalement les objectifs affichés ? Le cynisme atteint son sommet lorsque l’on comprend la logique économique sous-jacente. En échange de ces concessions agricoles majeures, l’Europe espère vendre davantage de voitures, notamment allemandes, sur les marchés sud-américains. Autrement dit, on sacrifie des forêts millénaires, des écosystèmes uniques et le climat mondial pour quelques parts de marché supplémentaires dans l’automobile. Pour quelques roues de plus sous des berlines, on marche sur la tête. Ce choix est aussi une trahison envers les agriculteurs européens. On leur impose des règles environnementales strictes, des coûts de production élevés, des contrôles permanents, tout en les mettant en concurrence avec des filières qui ne respectent ni les mêmes normes sanitaires, ni les mêmes exigences sociales, ni les mêmes contraintes écologiques. C’est une concurrence déloyale institutionnalisée, assumée, organisée. L’Europe doit choisir. Soit elle fait de la biodiversité, du climat et de la cohérence écologique une priorité réelle, soit elle continue à empiler des discours vertueux sur des accords commerciaux destructeurs. On ne peut pas, durablement, défendre la planète d’une main et la vendre de l’autre. Le Mercosur n’est pas un détail technique : c’est un révélateur brutal de l’incohérence européenne.


Grands prédateurs : et si la solution passait par les Parcs Nationaux ?

Peut-on faire coexister les activités d’élevage avec les grands prédateurs ? Aujourd’hui encore, les autorités insistent sur la possibilité d’une cohabitation « apaisée » entre l’élevage et les grands prédateurs, malgré une accumulation d’exemples démontrant la fragilité de ce modèle. Les dispositifs publics d’aide à la protection des troupeaux illustrent à la fois cette volonté politique et ses limites. Gardiennage renforcé, chiens de protection, clôtures électrifiées, accompagnement technique : tout est mis en œuvre pour tenter de contenir la prédation, au prix de profondes modifications des pratiques pastorales et d’un alourdissement considérable des charges humaines et financières pour les éleveurs. L’appel à projets national 2026, publié fin décembre, s’inscrit dans cette continuité, avec l’ouverture du téléservice SAFRAN, et la reconduction des aides existantes. L’introduction d’un « cercle 0 ours », calqué sur le modèle déjà appliqué au loup, reconnaît implicitement que certaines zones subissent une pression de prédation telle que les moyens classiques ne suffisent plus. Déplafonnement des aides, prise en charge accrue des salaires de bergers, extension du « cercle 3 loup » à presque tous les départements : autant de mesures qui traduisent un aveu silencieux d’échec. Si la cohabitation fonctionnait réellement, pourquoi faudrait-il sans cesse renforcer, étendre et complexifier ces dispositifs ? Derrière le discours officiel se dessine une réalité plus brutale : l’élevage, pilier de nombreux territoires ruraux, se retrouve contraint de s’adapter en permanence à la présence de prédateurs protégés, sans jamais pouvoir retrouver une stabilité durable...

 

Et si la solution passait par les Parcs Nationaux ? 

Face à ce constat, une question dérangeante, mais pragmatique, mérite d’être posée : et si la véritable cohabitation passait par une séparation claire des espaces ? La France compte aujourd’hui onze parcs nationaux, créés avec l’accord de la majorité des populations locales et dont la vocation première est la protection de la biodiversité. Ces territoires, vastes, réglementés et dotés de personnels formés, pourraient constituer le cadre naturel et cohérent d’accueil des grands prédateurs. La place du loup et de l’ours serait alors clairement définie : à l’intérieur de ces zones protégées, sous la responsabilité directe des agents des parcs nationaux, chargés de leur suivi, de leur régulation et de la gestion des éventuels conflits. En dehors de ces espaces, en revanche, la présence de grands prédateurs ne serait plus tolérée. Leur élimination ou leur reconduite vers les parcs relèverait des chasseurs, acteurs historiques de la gestion de la faune sauvage et déjà impliqués dans l’équilibre des populations animales. Une telle approche aurait le mérite de la clarté : elle mettrait fin à l’hypocrisie d’une cohabitation impossible, mais cependant imposée à des territoires qui n’en veulent pas, ou ne peuvent pas la supporter. Elle permettrait également de recentrer les moyens publics sur des zones précisément identifiées, plutôt que de disperser les aides sur l’ensemble du territoire. Certes, cette proposition heurte certains dogmes et devra composer avec les règlements européens de protection des espèces. Mais elle offre une piste de réflexion concrète, fondée sur la réalité du terrain et sur le respect des activités humaines. Parquer les grands prédateurs n’est pas les nier : c’est reconnaître que la coexistence généralisée a montré ses limites, et qu’une gestion territorialisée, assumée et lisible pourrait enfin apaiser un conflit vieux de plusieurs siècles.