Sylvain Oudot et Guyaume Vollet : « Je sonne de la trompe »

 

Conçue pour l’apprentissage progressif de la trompe en ré, cette méthode s’adresse aux débutants, aux musiciens de niveau moyen et aux enseignants. S’appuyant sur leur expérience, les auteurs proposent une synthèse de leur approche, complétée par trois recueils d’études, d’exercices et de fanfares traditionnelles déjà publiés chez « Tempo Music Club ». L’ouvrage gagne en efficacité lorsqu’il est accompagné des conseils personnalisés d’un professeur.

 

L’apprentissage est structuré en quatre chapitres suivant la progression pédagogique : 1) gestion de l’air, 2) diction et ornementation, 3) expression, 4) pupitres. Les auteurs précisent avoir privilégié une rédaction simple et claire, sans planches techniques ni schémas anatomiques, en renvoyant plutôt à des vidéos en 3D dont les liens figurent en fin de recueil. Ce support moderne, explicite et ludique, complète les explications.

 

Des exercices annexes visent à développer le « ressenti » de l’élève et peuvent être enrichis sur recommandation des enseignants. Enfin, la méthode doit être adaptée par le professeur ou l’apprenant lui-même, selon la morphologie, les capacités et le niveau de chacun.

 

Pour se procurer ce Traité de technique usuelle et Exercices pratiques : c'est ICI 

Grands prédateurs : et si la solution passait par les Parcs Nationaux ?

Peut-on faire coexister les activités d’élevage avec les grands prédateurs ? Aujourd’hui encore, les autorités insistent sur la possibilité d’une cohabitation « apaisée » entre l’élevage et les grands prédateurs, malgré une accumulation d’exemples démontrant la fragilité de ce modèle. Les dispositifs publics d’aide à la protection des troupeaux illustrent à la fois cette volonté politique et ses limites. Gardiennage renforcé, chiens de protection, clôtures électrifiées, accompagnement technique : tout est mis en œuvre pour tenter de contenir la prédation, au prix de profondes modifications des pratiques pastorales et d’un alourdissement considérable des charges humaines et financières pour les éleveurs. L’appel à projets national 2026, publié fin décembre, s’inscrit dans cette continuité, avec l’ouverture du téléservice SAFRAN, et la reconduction des aides existantes. L’introduction d’un « cercle 0 ours », calqué sur le modèle déjà appliqué au loup, reconnaît implicitement que certaines zones subissent une pression de prédation telle que les moyens classiques ne suffisent plus. Déplafonnement des aides, prise en charge accrue des salaires de bergers, extension du « cercle 3 loup » à presque tous les départements : autant de mesures qui traduisent un aveu silencieux d’échec. Si la cohabitation fonctionnait réellement, pourquoi faudrait-il sans cesse renforcer, étendre et complexifier ces dispositifs ? Derrière le discours officiel se dessine une réalité plus brutale : l’élevage, pilier de nombreux territoires ruraux, se retrouve contraint de s’adapter en permanence à la présence de prédateurs protégés, sans jamais pouvoir retrouver une stabilité durable...

 

Et si la solution passait par les Parcs Nationaux ? 

Face à ce constat, une question dérangeante, mais pragmatique, mérite d’être posée : et si la véritable cohabitation passait par une séparation claire des espaces ? La France compte aujourd’hui onze parcs nationaux, créés avec l’accord de la majorité des populations locales et dont la vocation première est la protection de la biodiversité. Ces territoires, vastes, réglementés et dotés de personnels formés, pourraient constituer le cadre naturel et cohérent d’accueil des grands prédateurs. La place du loup et de l’ours serait alors clairement définie : à l’intérieur de ces zones protégées, sous la responsabilité directe des agents des parcs nationaux, chargés de leur suivi, de leur régulation et de la gestion des éventuels conflits. En dehors de ces espaces, en revanche, la présence de grands prédateurs ne serait plus tolérée. Leur élimination ou leur reconduite vers les parcs relèverait des chasseurs, acteurs historiques de la gestion de la faune sauvage et déjà impliqués dans l’équilibre des populations animales. Une telle approche aurait le mérite de la clarté : elle mettrait fin à l’hypocrisie d’une cohabitation imposée à des territoires qui n’en veulent pas, ou ne peuvent pas la supporter. Elle permettrait également de recentrer les moyens publics sur des zones précisément identifiées, plutôt que de disperser les aides sur l’ensemble du territoire. Certes, cette proposition heurte certains dogmes et devra composer avec les règlements européens de protection des espèces. Mais elle offre une piste de réflexion concrète, fondée sur la réalité du terrain et sur le respect des activités humaines. Parquer les grands prédateurs n’est pas les nier : c’est reconnaître que la coexistence généralisée a montré ses limites, et qu’une gestion territorialisée, assumée et lisible pourrait enfin apaiser un conflit vieux de plusieurs siècles.


Le rut du renard : cycle reproducteur et comportements sexuels

En France métropolitaine, la période de reproduction du renard roux (Vulpes vulpes), débute généralement à la mi-janvier et s’étend jusqu’à la mi-février, avec de légères variations selon la latitude, l’altitude et les conditions climatiques. Plus on monte vers le nord ou en zone montagneuse, plus le rut tend à être légèrement retardé. Cette synchronisation saisonnière garantit que les naissances auront lieu au printemps, période la plus favorable à la survie des jeunes. Chez le mâle, le rut s’accompagne de profondes modifications physiologiques et comportementales. Les testicules augmentent fortement de volume, parfois jusqu’à cinq ou six fois leur taille hors période de reproduction, signe d’une activité hormonale intense dominée par la testostérone. Les mâles deviennent plus actifs, parcourent de longues distances, marquent abondamment leur territoire par l’urine et les fèces, et se livrent à des poursuites parfois violentes avec leurs congénères rivaux. Les combats restent généralement ritualisés mais peuvent occasionner morsures et blessures, surtout dans les zones à forte densité. La femelle, de son côté, n’est réceptive que sur une période très courte. L’œstrus dure environ trois semaines, mais la fenêtre de fécondation effective ne dépasse pas deux à trois jours. Durant cette phase, la vulve devient tuméfiée, rosée et humide, et le comportement de la renarde change nettement : elle multiplie les déplacements nocturnes et émet des vocalisations caractéristiques, sortes d’aboiements rauques et plaintifs, audibles à grande distance. Ces cris servent à signaler sa réceptivité aux mâles environnants. L’accouplement, souvent précédé de longues parades et de poursuites, est marqué par le phénomène bien connu de « verrouillage » copulatoire. Comme chez de nombreux canidés, le pénis du mâle se bloque dans le vagin de la femelle par gonflement du bulbe pénien, maintenant les partenaires solidaires pendant plusieurs dizaines de minutes, parfois jusqu’à 90 minutes. Ce mécanisme augmente les chances de fécondation et limite l’intervention de concurrents. Contrairement à certaines idées reçues, le renard est plutôt monogame saisonnier : un couple se forme pour la durée du cycle reproducteur, même si des accouplements opportunistes peuvent survenir, notamment en milieu urbain ou très densément peuplé...

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Un rythme sans précédent : 16 000 nouvelles espèces découvertes chaque année

La découverte de nouvelles espèces vivantes connaît aujourd’hui un rythme inédit. Selon une étude menée par des chercheurs de l’Université d’Arizona et publiée dans Science Advances, environ 16 000 nouvelles espèces sont décrites chaque année, un chiffre nettement supérieur aux estimations des extinctions annuelles. Contrairement à une idée largement répandue, la biodiversité terrestre est donc loin d’être entièrement cataloguée. Depuis la naissance de la taxonomie moderne au 18e siècle, les scientifiques s’efforcent de recenser et de classer le vivant. En 1758, le naturaliste suédois Carl von Linné jette les bases de cette discipline en introduisant la nomenclature binomiale, un système permettant de désigner chaque espèce par deux noms. À lui seul, il décrit plus de 10 000 espèces de plantes et d’animaux. Près de trois siècles plus tard, plus de deux millions d’espèces ont été officiellement identifiées, fruit du travail de générations de biologistes. Loin de ralentir, ce travail s’accélère. En analysant l’historique taxonomique d’environ deux millions d’espèces, couvrant l’ensemble des grands groupes du vivant, les chercheurs ont montré que le rythme de description atteint aujourd’hui un niveau record. Entre 2015 et 2020, plus de 16 000 nouvelles espèces ont été décrites chaque année, dont environ 10 000 animaux, majoritairement des arthropodes et des insectes, mais aussi 2 500 plantes et 2 000 champignons. Chaque année, plus d’une centaine de nouveaux reptiles sont également identifiés. Pour John Wiens, professeur d’écologie et de biologie évolutive à l’Université d’Arizona et co-auteur de l’étude, ces découvertes ne concernent pas seulement des organismes microscopiques : « Il s’agit aussi d’insectes, de plantes, de champignons et même de centaines de nouveaux vertébrés ». Autre constat marquant : le rythme de découverte dépasse largement celui des extinctions. Le taux d’extinction est estimé entre 0,01 % et 0,1 % des espèces connues par an, soit entre 200 et 2 000 espèces disparues. Cela signifie que, paradoxalement, la biodiversité n’a jamais été aussi bien décrite qu’aujourd’hui. Cette dynamique ne reflète toutefois pas une apparition accélérée de nouvelles espèces : la spéciation reste un processus lent, étalé sur des milliers voire des millions d’années. Cette explosion des découvertes s’explique par des avancées technologiques majeures. Les outils modernes (GPS, drones, satellites, capteurs acoustiques, pièges photographiques...) permettent d’explorer des milieux longtemps inaccessibles comme les canopées, les grottes ou les fonds marins. En parallèle, l’essor de l’analyse génétique a révolutionné la taxonomie : il est désormais possible d’identifier des espèces à partir de simples fragments biologiques et de distinguer des organismes visuellement similaires mais génétiquement distincts. Au-delà de l’inventaire scientifique, ces découvertes ont une importance cruciale pour la conservation. Une espèce ne peut être protégée tant qu’elle n’a pas été décrite. Documenter le vivant constitue donc la première étape de toute politique de préservation. Ces connaissances alimentent aussi l’innovation, de la médecine à l’ingénierie, en s’inspirant des solutions développées par la nature. Comme le résume John Wiens, « il reste tant à découvrir, et chaque nouvelle espèce identifiée nous rapproche d’une meilleure compréhension et protection de la biodiversité de notre planète ».


Quelle est l'influence de l’altitude sur la trajectoire des projectiles ?

Tous les chasseurs qui pratiquent en zone de montagne, et qui sont amenés à faire des tirs lointains, se sont posés cette question. Rassurons-les, car entre le niveau de la mer et celui de la moyenne montagne (jusqu’à 1000 mètres environ), l’influence de l’altitude ne se fait guère sentir. En revanche, en haute montagne, les écarts seront d’autant plus perceptibles que le calibre sera fort et le coefficient balistique de la balle, faible. Avec les calibres moyens, comme les 7 mm par exemple, ces écarts peuvent être réduits, surtout si l’on choisit des projectiles bien profilés, au coefficient balistique élevé. Prenons l’exemple d’une balle de 150 grains (9,72 g), CB : 0,536 ; VO 920 m/s ; V 100 : 874 m/s ; V 200 : 822 m/s ; DRO : 190 m, et voyons sa chute à 300 mètres :

- Au niveau de la mer  : DRO 190 mètres, chute à 300 mètres : - 21,8 cm

- Altitude 700 mètres  : DRO 191 mètres, chute à 300 mètres : - 20,5 cm

- Altitude 1500 mètres : DRO 194 mètres, chute à 300 mètres : - 19,3 cm

- Altitude 2500 mètres : DRO 196 mètres, chute à 300 mètres : - 18,1 cm

- Altitude 3500 mètres : DRO 198 mètres, chute à 300 mètres : - 17,1 cm

Attention donc si vous êtes amenés à faire une correction, les quelques centimètres d'écart pouvant jouer un mauvais rôle et ne pas placer exactement la balle où vous l'auriez souhaité...


Contrat d’objectifs et de performance de l’OFB : bilan et perspectives

Une mission conjointe de l’IGEDD et du CGAAER a été chargée d’évaluer globalement le premier contrat d’objectifs et de performance (COP 2020-2025) de l’OFB, et de proposer des orientations pour le futur COP 2026-2030. Cette analyse intervient dans un contexte marqué par des crises successives, notamment liées au monde agricole, et vise à situer l’établissement dans son écosystème administratif et partenarial, tant au niveau local que vis-à-vis de ses tutelles. La mission avait pour objectifs d’apprécier l’atteinte du COP 2020-2025, de présenter les effectifs et le budget consacrés aux grandes missions de l’OFB, et de proposer des évolutions pour le futur COP, notamment en termes d’objectifs opérationnels et d’indicateurs de performance. Pour cela, la mission a procédé à des auditions des tutelles, des administrateurs de l’OFB, de tous les services internes, ainsi que de partenaires et parties prenantes, incluant collectivités, associations, entreprises et chasseurs. Trois régions ont été visitées afin de rencontrer de nombreux acteurs de terrain. L’OFB a produit un bilan détaillé de ses activités, montrant que les objectifs internes du COP ont été largement respectés. Toutefois, la contribution de l’OFB aux politiques publiques n’a pas pu être précisément mesurée, faute d’indicateurs de résultats et de performance adaptés. L’établissement s’est affirmé dans son écosystème local, participant activement à toutes les missions interservices liées à l’environnement. Sa visibilité auprès des collectivités et entreprises reste cependant inégale, tout comme sa capacité à mobiliser ces acteurs. Malgré un contexte difficile, l’OFB a fait preuve d’un engagement proactif pour fusionner les cultures de l’AFB et de l’ONCFS, et s’investir dans sa mission nouvelle de mobilisation des parties prenantes...

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Comment aider les perdrix en période de gel et de neige

En période de gel prolongé ou de forte neige, les perdrix (grises ou rouges) sont particulièrement vulnérables. Le froid intense, la couverture neigeuse et la raréfaction des ressources alimentaires augmentent fortement leur mortalité. Une aide ciblée, bien conduite et régulière peut améliorer significativement leur survie hivernale. La priorité est l’accès à une alimentation énergétique. Les perdrix ont besoin de calories pour maintenir leur température corporelle. Les céréales entières sont les plus adaptées : blé, orge, avoine, triticale ou maïs concassé. Il est préférable de proposer un mélange de plusieurs graines pour limiter le tri et assurer un apport équilibré. L’agrainage doit être régulier et modéré, idéalement tous les 2 à 3 jours en période de neige persistante. Un apport excessif attire les prédateurs et favorise la dépendance. Les graines doivent être déposées sur sol dégagé, jamais directement sur la neige, afin de rester accessibles. Les sites doivent être calmes, peu fréquentés par l’homme et éloignés des routes. Privilégier les lisières, bandes enherbées, haies basses ou abords de jachères. Éviter les zones trop ouvertes où les perdrix seraient exposées aux rapaces. Il est conseillé de multiplier les petits points d’agrainage plutôt qu’un seul site important, afin de réduire la pression de prédation et la concurrence entre oiseaux. Les perdrix supportent mieux le froid sec que l’humidité et le vent. La présence de couverts naturels est essentielle : haies, ronciers, bandes de luzerne, repousses de céréales ou couverts faunistiques non broyés. En cas de manque, des abris artificiels simples (tas de branchages, fagots, bottes de paille légèrement aérées) peuvent offrir une protection efficace contre le vent et la neige. Contrairement aux idées reçues, l’eau reste indispensable en hiver. En période de gel, il est utile de proposer de l’eau non gelée dans des récipients peu profonds, changée régulièrement. Cela limite le stress physiologique et améliore la digestion des graines sèches.


Prévention des feux de forêt et de végétation : le Gouvernement lance la campagne 2026

Le Gouvernement a officiellement lancé la campagne nationale 2026 sur les obligations légales de débroussaillement (OLD), un dispositif essentiel pour la prévention des incendies de forêt et de végétation. Cette initiative a été présentée par Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur, Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature, et Mathieu Lefèvre, ministre délégué chargé de la Transition écologique. La campagne intervient après une année 2025 particulièrement dramatique : près de 190 constructions ont été gravement endommagées ou détruites par des incendies, un bilan record depuis plusieurs décennies. Les analyses post-incendie montrent que 90 % des habitations touchées étaient situées sur des terrains non débroussaillés ou mal entretenus, soulignant l’importance cruciale du débroussaillement pour limiter l’intensité et la propagation du feu, protéger les habitations et faciliter le travail des secours. Pourtant, les obligations légales de débroussaillement restent largement méconnues du grand public. Ces obligations concernent tous les propriétaires de bâtiments situés à l’intérieur ou à moins de 200 mètres de zones boisées classées à risque d’incendie. Débroussailler consiste à créer une véritable « ceinture de sécurité » autour de sa maison, réduisant considérablement le risque de propagation des flammes. Avec le changement climatique, les feux s’étendent désormais à de nouveaux territoires. En conséquence, le nombre de départements concernés par ces obligations est passé en 2025 de 43 à 48 départements, soit près de 7 400 communes. Pour toucher ces populations, la campagne de sensibilisation sera conduite du 5 janvier au 15 février 2026 et rappelle que l’hiver constitue la période la plus favorable pour réaliser ces travaux...

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Sites remarquables : les nouveautés 2025

En 2025, la politique nationale de protection des paysages a franchi une nouvelle étape. Quatre nouveaux sites remarquables ont été classés, un site a obtenu pour la première fois le label « Grand Site de France », et trois territoires emblématiques ont vu leur label renouvelé. Ces décisions illustrent la volonté de l’État de mieux préserver les paysages exceptionnels, de transmettre un patrimoine naturel et culturel unique, et de concilier protection de l’environnement, mémoire collective et développement local durable. Quatre nouveaux sites classés en 2025 :

- Le cirque d’Archiane et le rocher de Combeau, dans la Drôme, ont été classés pour leur caractère pittoresque. Dominé par des falaises spectaculaires aux teintes changeantes, ce site de près de 3 750 hectares associe reliefs grandioses, cascades de tuf et pelouses riches en orchidées, offrant un équilibre remarquable entre minéral et vivant. (Photo DREAL Rhône-Alpes)

- Le bassin du Mès, en Loire-Atlantique, s’étendant sur plus de 2 000 hectares entre l’océan Atlantique et le parc naturel régional de Brière, ce site remarquable associe prairies humides, marais salants et coteaux agricoles. Façonné par l’eau et l’activité humaine, ce paysage de ria évoque les grandes îles atlantiques françaises. Son classement reconnaît un patrimoine vivant, à la fois pittoresque, écologique et historique, désormais protégé à l’échelle nationale.

- Les Côtes de Nuits, en Côte-d’Or, ont rejoint la liste des sites classés. Ce paysage viticole de 4 530 hectares, situé entre Chenôve et Premeaux-Prissey, se distingue par un parcellaire unique, témoin de pratiques viticoles inchangées depuis le Moyen Âge. Ce classement, qui coïncide avec le dixième anniversaire de l’inscription des Climats de Bourgogne à l’Unesco, consacre un paysage façonné par des savoir-faire ancestraux.

- Le site mémoriel du Petit Donon, dans le Bas-Rhin, a été classé pour sa valeur historique. Ce sommet forestier des Vosges est un haut lieu de mémoire de la Première Guerre mondiale, où reposent près de 2 000 soldats français et allemands. Ce classement consacre le site comme un sanctuaire de mémoire nationale. (Photo DREAL Grand Est)

 

Grands Sites de France : une nouvelle labellisation et trois renouvellements

Le label « Grand Site de France » a été attribué aux Dunes de Flandres, sur le littoral nord. Ce territoire de 13 kilomètres de dunes conjugue espaces naturels sensibles, patrimoine militaire et pression urbaine. Cette reconnaissance salue plus de cinquante ans de gestion concertée menée par la Communauté urbaine de Dunkerque.

Trois sites ont vu leur label renouvelé : les Gorges de l’Hérault – Saint-Guilhem-le-Désert, la Baie de Somme et le massif du Canigó. Ces territoires illustrent l’excellence française en matière de gestion durable, conciliant accueil du public, protection de la biodiversité et préservation des paysages emblématiques.

À travers ces classements et labellisations, la politique des sites affirme un objectif clair : protéger, transmettre et valoriser les paysages remarquables, tout en accompagnant les territoires face aux défis environnementaux et climatiques du 21e siècle.


Chasse sportive réglementée et conservation des mammifères

Une étude scientifique publiée dans la revue « Nature Sustainability », met en lumière un lien significatif entre la chasse sportive réglementée et un état de conservation favorable chez de nombreuses espèces de mammifères. Intitulée « La chasse sportive associée à un statut de conservation favorable des mammifères », cette recherche s’appuie sur une analyse mondiale portant sur plus de 1 600 espèces de mammifères terrestres. Les auteurs, Jacob E. Hill, Kenneth F. Kellner et Jerrold L. Belant, ont examiné les tendances démographiques des espèces ainsi que leurs usages et statuts de conservation, tels que recensés dans la Liste rouge de l’UICN. Leurs résultats indiquent que les espèces faisant l’objet d’une chasse sportive encadrée sont plus susceptibles de présenter des populations stables ou en augmentation et moins susceptibles d’être classées comme menacées que celles qui ne sont pas chassées. Selon les chercheurs, les effets observés sont étroitement liés aux systèmes de réglementation associés à la chasse sportive. Celle-ci s’inscrit généralement dans des cadres juridiques stricts, reposant sur des quotas de prélèvement, un suivi des populations et des mécanismes de contrôle. Les revenus générés sont fréquemment réinvestis dans la gestion de la faune sauvage, la protection des habitats, la lutte contre le braconnage et le développement des communautés locales, créant ainsi des incitations économiques à maintenir des populations animales en bonne santé. L’étude souligne également l’importance de la gestion des terres. Dans certaines régions du monde, de vastes territoires sont conservés spécifiquement pour la chasse, parfois sur des superficies supérieures à celles des parcs nationaux. Ces zones contribuent à limiter la perte d’habitat, identifiée comme la principale cause mondiale du déclin des mammifères. Les auteurs insistent toutefois sur le fait que ces résultats positifs ne sont pas automatiques. Des systèmes de quotas mal conçus, reposant sur des données insuffisantes, ou l’exclusion des communautés locales et autochtones peuvent au contraire nuire aux objectifs de conservation et entraîner des impacts négatifs sur les populations animales. En conclusion, l’étude suggère que la chasse sportive, lorsqu’elle est fondée sur des données scientifiques solides, une gouvernance efficace et un partage équitable des bénéfices, peut constituer un outil parmi d’autres d’une gestion durable de la faune sauvage, contribuant à la conservation des espèces et de leurs habitats.


Clap de fin pour « Ynsect »

Amis de la bonne chère, amateurs de cuissots de sanglier et même de filets de colvert, l’épopée industrielle des scarabées en farine vient de se terminer... non pas dans une orgie de protéines vertes, mais dans l’impitoyable salle d’audience d’un tribunal. Au départ ils étaient 4, scientifiques, militants écolos, ou visionnaires (selon l’angle de vue), qui, en 2011, ont eu une illumination : « Et si on élevait des scarabées pour nourrir les animaux, et pourquoi pas les humains ? ». C’était comme proposer d’ouvrir un restaurant de soupe de grillon juste à côté de la baraque à frites du coin : ambitieux, tropical… et fondamentalement perturbant. Quelques 600 millions d’euros de capitaux levés plus tard, une usine géante émergeait à Poulainville (Somme), censée produire l’équivalent protéique d’un troupeau de vaches au carré, si les humains étaient prêts à manger la version insecte. Mais, rien de tout cela, le grand rêve de la ferme verticale n’a pas survécu aux réalités économiques. Budget gargantuesque, usine hyper-techno… mais marché frileux, et des coûts de production qui mordent plus qu’un scarabée affamé. Après des années à chercher des sous, des procédures de sauvegarde à rallonge, des tentatives de relance et même des tentatives de vendre des steaks de scarabée à des animaux de compagnie, le tribunal a fini par dire « stop » le 1er décembre 2025. Liquidation judiciaire, rideau et... fin du spectacle. Le tribunal ne s’est pas laisser rouler... dans la farine.


Maladies à tiques : vigilance et stratégies de lutte intégrée

Les maladies à tiques, autrefois rares en France, deviennent une menace croissante pour l’élevage bovin. Lors de la première journée technique bovine organisée le 17 juin dernier par Labocéa à Quimper, Benoît Thuillier, chef du service autopsie, bactériologie animale et parasitologie, a présenté un état des lieux alarmant. Anaplasmose, babésiose, ehrlichiose… ces pathologies transmises par les tiques se répandent sous l’effet du réchauffement climatique, de l’adaptation des tiques à de nouveaux territoires et des mouvements de la faune sauvage. Des hivers doux, des printemps humides et des étés plus chauds prolongent leur activité, parfois de février à novembre, augmentant ainsi les risques. Face à cette progression, la surveillance et la prévention sont essentielles. La veille épidémiologique, avec suivi régulier des populations de tiques et diagnostic précoce des maladies, constitue la première ligne de défense. Les éleveurs doivent adopter des pratiques ciblées : rotation des pâtures pour limiter l’exposition, gestion des haies et bordures forestières, traitement antiparasitaire régulier et isolement des animaux infectés. L’inspection fréquente du pelage permet de détecter rapidement les infestations et de réduire la propagation des agents pathogènes. Les innovations scientifiques offrent également de nouveaux outils. Des vaccins contre certaines babésioses ou anaplasmoses sont en cours de déploiement, tandis que des solutions biologiques, comme les champignons entomopathogènes, peuvent réduire localement les populations de tiques. La sélection génétique d’animaux plus résistants constitue un axe prometteur pour limiter les impacts à long terme. Enfin, la sensibilisation et la formation restent cruciales. Comprendre le cycle de vie des tiques, les périodes d’activité maximale et les facteurs favorisant leur prolifération permet de mieux planifier les interventions. En combinant surveillance, prévention, traitements ciblés et adoption de pratiques adaptées, il est possible de réduire efficacement l’impact des maladies à tiques. L’enjeu est clair : anticiper, agir et intégrer les solutions scientifiques aux pratiques quotidiennes pour maintenir un environnement sain et résilient face à ces menaces émergentes.