Destinée à mieux connaître l’état de la biodiversité française et à éclairer les décisions publiques comme privées, l’Évaluation française des écosystèmes et des services écosystémiques (Efese) constitue aujourd’hui un outil central d’analyse des relations entre nature et société. Piloté scientifiquement avec le concours de la Fondation pour la recherche sur la biodiversité (FRB) et soutenu par le ministère chargé de l’environnement, le programme vise à documenter non seulement l’état des écosystèmes, mais aussi les services, et disservices, qu’ils rendent aux sociétés humaines.
Parmi les travaux emblématiques figure le rapport publié en décembre 2022 sur les ongulés sauvages en France métropolitaine. Dix espèces y sont recensées, du sanglier au cerf élaphe, du chevreuil au bouquetin, appartenant aux familles des cervidés, bovidés et suidés. Ces animaux cristallisent des perceptions contrastées : espèces patrimoniales admirées, ressources cynégétiques, mais aussi causes de dégâts agricoles, vecteurs potentiels de maladies ou enjeux de sécurité. Le rapport Efese met en évidence la complexité de ces dynamiques socio-écosystémiques et insiste sur le rôle écologique majeur des ongulés, capables de structurer les paysages, d’influencer la régénération forestière et de participer à la résilience des écosystèmes face aux changements globaux. Au cœur du débat émerge une question sensible : faut-il aller plus loin et réensauvager la nature française ?
Le réensauvagement suppose de redonner une plus grande autonomie aux processus naturels, notamment en réintroduisant des grands prédateurs capables de réguler les populations d’ongulés. D’un point de vue écologique, les bénéfices potentiels sont réels : limitation des surpopulations, restauration de chaînes trophiques complètes, amélioration de l’intégrité et de la résilience des écosystèmes, conformément aux objectifs de la Convention sur la diversité biologique. Mais cette vision se heurte à des réalités sociales et économiques fortes. La France est un territoire densément occupé, où agriculture, élevage, chasse et usages récréatifs façonnent depuis longtemps les paysages. Réintroduire des prédateurs ou laisser les populations sauvages s’autoréguler pose la question de la coexistence avec les activités humaines, des risques pour l’élevage et de l’acceptabilité sociale. Le rapport Efese souligne ainsi que la gestion actuelle des ongulés est largement « cynégétisée », c’est-à-dire fortement influencée par les pratiques de chasse, qui remplacent en partie la prédation naturelle. Réensauvager ne signifie donc pas revenir à un état mythifié de nature intacte, mais repenser les équilibres entre contrôle humain et processus naturels. La question n’est pas tant de savoir s’il faut réensauvager, mais jusqu’où, où et avec quelles garanties pour les territoires et ceux qui y vivent.
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La chasse... demain !

Historiquement cantonnée à un territoire restreint et accidenté, entre 400 et 2 000 mètres d’altitude, cette sous-espèce trouve refuge dans des falaises abruptes, gorges profondes et versants escarpés qui offrent à la fois protection et diversité alimentaire. Cette aire de répartition limitée a longtemps rendu l’ibex de Beceite vulnérable.
Au cours du 20e siècle, la chasse excessive, la pression humaine et la transmission de maladies depuis le bétail domestique ont provoqué un net déclin des effectifs. À partir des années 1990, des programmes de conservation ont été mis en place, notamment par la Generalitat de Catalunya et les autorités régionales voisines. Ils ont permis une stabilisation puis une lente expansion des populations, avec une recolonisation progressive de territoires adjacents. Aujourd’hui, l’ibex de Beceite est principalement présent dans le parc naturel des Ports et le parc naturel de la Tinença de Benifassà, avec des noyaux secondaires issus de translocations contrôlées. Les estimations récentes évaluent la population entre 3 000 et 4 000 individus, bien que ces chiffres puissent fluctuer en fonction des épisodes sanitaires, notamment la gale sarcoptique, qui demeure une menace récurrente. Symbole fort de la biodiversité méditerranéenne, l’ibex de Beceite est devenu un modèle de gestion mêlant protection, recherche scientifique et usages encadrés...
Sous la tutelle du Ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, l’enseignement agricole constitue le deuxième système éducatif du pays. Il accueille environ 221 000 élèves, étudiants et apprentis au sein de plus de 800 établissements, dont 550 référencés sur Parcoursup, répartis sur l’ensemble du territoire. Cette implantation locale favorise l’accessibilité géographique et un fort ancrage territorial. L’originalité du modèle repose également sur des outils pédagogiques uniques : 192 exploitations agricoles, 41 ateliers technologiques et centres équestres permettent aux apprenants de se former au plus près des réalités professionnelles. L’enseignement agricole affiche par ailleurs des résultats solides en matière d’insertion professionnelle : six mois après l’obtention du diplôme, un diplômé sur deux est en emploi, un chiffre qui atteint 60 % au bout d’un an. Ces performances s’expliquent par la forte demande dans les secteurs de l’agriculture, de l’agroalimentaire, de l’environnement, de l’agroéquipement ou encore de l’aménagement paysager, mais aussi par une pédagogie innovante, adaptée à des profils variés. Enfin, l’ouverture internationale constitue un autre pilier du dispositif, avec près de 6 000 élèves participant chaque année à des programmes de mobilité Erasmus+, renforçant l’attractivité et la reconnaissance des formations agricoles françaises...
Cet évènement, organisé par Nicolas Mangieu, président de la société de chasse de Boissières, assisté par les présidents des communes voisines : Christian Delbut, Eddy Meriguet, Romain Cazelou et Jonathan Boully, a rassemblé 45 chasseurs et chasseresses. Les battues se sont déroulées dans le respect des règles de sécurité et de la réglementation fixés par la FDC du Lot, et les participants ont pu compter sur une coordination parfaite entre les équipes, et une connaissance précise du territoire.
Les matinées ont débuté par une chasse au renard sur la commune de Boissières. Elle visait notamment à limiter les impacts de goupil sur certaines espèces de petit gibier, et sur l’élevage du gibier de repeuplement. Une équipe bien rodée était venue des Hautes-Pyrénées avec une meute de 18 chiens pour ce week-end. Le « Goupil des Coteaux du Magnoac » a réussi à lever un nombre important de renards, et trois prélèvements ont été réalisés. L’après-midi, place à la chasse au sanglier, organisée par l'association de chasse de Combe Nègre, également situé sur la commune de Boissières. Son président Jonathan Boully était le directeur de battue. Cette chasse a rassemblé autant de passionnés issus de l’entente des sociétés de chasses communales, et là encore, l’organisation rigoureuse et le respect des consignes ont permis un déroulement optimal de la demi-journée, avec la présence de nombreux sangliers...
jusqu’alors, un seul ours noir de Louisiane figurait dans ces registres, celui prélevé en 1904 par Ben Lilly, figure emblématique de la chasse américaine. Plus de 120 ans plus tard, ce record vient d’être battu, marquant un moment charnière pour cette sous-espèce longtemps menacée. L’exploit a été réalisé en décembre 2024, dans les forêts de feuillus de la paroisse de Madison, en Louisiane. Âgé de seulement 13 ans, un jeune chasseur originaire de West Monroe faisait partie d’un groupe très restreint autorisé à prélever un ours noir, pour la première fois depuis quarante ans. Armé d’une carabine chambrée en 7 mm, il a prélevé un mâle exceptionnel, estimé à environ 500 livres et âgé d’environ 18 ans. Après la période réglementaire de séchage, le crâne a été mesuré à 21-14/16 pouces, dépassant de près d’un pouce le précédent record de 1904. Ce résultat spectaculaire ne doit rien au hasard. Dans les années 1980, l’ours noir de Louisiane (Ursus americanus luteolus) ne comptait plus que quelques centaines d’individus, isolés dans des fragments d’habitat. En 1992, la sous-espèce fut classée menacée au titre de la législation fédérale américaine sur les espèces en danger. Ce classement a déclenché un vaste effort de restauration fondé sur la coopération entre acteurs publics, scientifiques et propriétaires privés...
Dans les paysages agricoles actuels, les animaux ne sont jamais exposés à une seule molécule, mais à une combinaison complexe de substances, transportées parfois sur plusieurs centaines de kilomètres. Or, la majorité des évaluations toxicologiques reposent encore sur l’étude de molécules isolées, à doses contrôlées, très éloignées des conditions réelles. Les chercheurs rappellent que l’exposition chronique à de faibles doses répétées constitue pourtant le scénario le plus courant pour les oiseaux des milieux agricoles, dont les populations déclinent fortement depuis plusieurs décennies. Faute de données expérimentales réalistes, les effets combinés de ces substances restaient jusqu’ici mal compris. Pour combler cette lacune, les scientifiques ont mis en place un protocole inédit consistant à nourrir des perdrix grises semi-captives avec des graines issues de l’agriculture conventionnelle, tout en analysant simultanément la présence de 94 pesticides potentiels dans leur sang et divers indicateurs physiologiques et comportementaux. Cette approche permet, pour la première fois, de relier directement les niveaux réels de contamination à l’état de santé des individus, sans recourir à des doses artificiellement élevées...
Elle s’inscrit dans l’une des mesures engagées pour apaiser les relations entre le monde agricole et l’administration, dans un contexte où les contrôles sont souvent perçus comme anxiogènes ou déconnectés des réalités de terrain. En réunissant, dans un même temps, exploitants agricoles, organisations professionnelles et services de contrôle, la journée a permis de créer un espace de dialogue direct, propice à la clarification des attentes et des pratiques. La charte a été signée par le préfet des Hauts-de-France et du Nord, Bertrand Gaume, la Chambre d’Agriculture Nord–Pas-de-Calais, l’ensemble des organisations syndicales agricoles, ainsi que plusieurs organismes de l’État, dont la Mutualité sociale agricole, l’Agence de services et de paiement, l’Institut Français du Cheval et de l'Équitation, l’Office français de la biodiversité et l’Agence de l’eau Artois-Picardie. Cette pluralité de signataires traduit la volonté collective de mieux coordonner les interventions et de parler d’une seule voix. Au cœur du texte figurent des engagements réciproques. Les services de contrôle s’engagent à renforcer leur coordination, à mieux anticiper les contrôles et à tenir compte des contraintes agricoles, qu’elles soient économiques, climatiques ou humaines. La préfecture joue un rôle central de coordination afin de limiter, autant que possible, le nombre de contrôles par exploitation et d’en améliorer la lisibilité. Les agriculteurs, de leur côté, s’engagent à faciliter le déroulement des contrôles, à préparer les documents nécessaires et à mettre en œuvre les recommandations formulées. L’OFB a tenu à souligner son positionnement de partenaire du monde agricole, en privilégiant l’explication et la pédagogie plutôt qu’une approche strictement répressive. Les échanges sur les zones de non-traitement, les produits phytosanitaires ou encore les aides de la PAC ont illustré cette volonté commune de clarification. En rétablissant le dialogue et en donnant un cadre partagé aux contrôles, cette approche contribue à renforcer l’adhésion aux règles environnementales et, in fine, à la préservation de la biodiversité. (Photo OFB)
Armes, optiques, vêtements techniques, accessoires, véhicules spécialisés ou innovations technologiques : l’ensemble de la filière est représenté. Des espaces thématiques, comme la zone Couteaux, permettent aux visiteurs d’approfondir certaines spécialités et de bénéficier d’informations ciblées, tandis qu’un programme d’animations dense rythme la manifestation. Le salon se distingue également par la richesse de ses temps forts. Les présentations de races organisées par l’Association des chiens de chasse attirent chaque année un large public, tout comme les démonstrations pratiques et les conférences consacrées aux enjeux contemporains de la chasse. Le « Concours européen de la photo de chasse de l’année 2025 », organisé par Messe Dortmund en partenariat avec la FACE, mettra à l’honneur le regard artistique porté sur la nature et les pratiques cynégétiques. Les visiteurs pourront également assister à des démonstrations de traitement du gibier et participer aux « Masterclasses Jagd & Hund », animées par la Geartester Academy. La dimension gastronomique n’est pas en reste avec le Wild Food Festival, devenu un rendez-vous très attendu. Il propose aux amateurs de cuisine sauvage de rencontrer des exposants spécialisés, d’assister à des démonstrations culinaires en direct et de découvrir de nouvelles façons de valoriser le gibier. Nouveauté notable, le salon renforce son offre professionnelle avec un B2B Lounge dédié, permettant aux exposants d’organiser des réunions confidentielles et de développer leurs réseaux commerciaux. Grâce à cette combinaison d’innovation, de transmission de savoirs et de rencontres internationales, Jagd & Hund s’impose plus que jamais comme une plateforme de référence pour tous ceux qui souhaitent suivre les tendances, découvrir les nouveautés et participer aux débats qui façonnent l’avenir de la chasse en Europe.
Animée par Jean-Louis Laurent, docteur vétérinaire et ancien président de l’association, cette rencontre intervenait dans un contexte préoccupant. Après un cas détecté dans l’Allier, une nouvelle contamination a été confirmée en Côte-d’Or, attestant de la circulation persistante du virus chez les sangliers. La région Bourgogne-Franche-Comté reste en effet l’une des zones françaises où la prévalence du virus est significative, ce qui explique les contaminations régulières observées chez les chiens de chasse. Le vétérinaire a rappelé que la maladie d’Aujeszky, aussi appelée pseudo-rage, est une infection virale touchant principalement le porc domestique et le sanglier, qui en sont les réservoirs naturels. Si la filière porcine française est officiellement indemne depuis les années 2000, le risque demeure pour d’autres mammifères, notamment les chiens, chez lesquels l’infection est presque toujours mortelle. La contamination se fait par contact direct avec des fluides infectés ou indirectement via du matériel, des vêtements ou des aliments souillés. Chez les chiens, l’évolution est fulgurante, avec des troubles nerveux sévères et une issue fatale en quelques dizaines d’heures...
Cet arrêté concerne les porteurs de projets de destruction de haies au sens de l’article L. 412-21 du code de l’environnement, les préfets de département, les services déconcentrés de l’État ainsi que les agents chargés des contrôles. Il définit les types de haies servant de référence à l’application du régime unique, notamment pour l’évaluation de la valeur écologique des haies et la détermination des coefficients de compensation. Le texte entre en vigueur au lendemain de sa publication au Journal officiel de la République française. Il a été pris après avis du Conseil national de la protection de la nature et à l’issue d’une consultation du public réalisée conformément à l’article L. 123-19-1 du code de l’environnement. L’arrêté établit trois types génériques de haies :
Gardiennage renforcé, chiens de protection, clôtures électrifiées, accompagnement technique : tout est mis en œuvre pour tenter de contenir la prédation, au prix de profondes modifications des pratiques pastorales et d’un alourdissement considérable des charges humaines et financières pour les éleveurs. L’appel à projets national 2026, publié fin décembre, s’inscrit dans cette continuité, avec l’ouverture du téléservice SAFRAN, et la reconduction des aides existantes. L’introduction d’un « cercle 0 ours », calqué sur le modèle déjà appliqué au loup, reconnaît implicitement que certaines zones subissent une pression de prédation telle que les moyens classiques ne suffisent plus. Déplafonnement des aides, prise en charge accrue des salaires de bergers, extension du « cercle 3 loup » à presque tous les départements : autant de mesures qui traduisent un aveu silencieux d’échec. Si la cohabitation fonctionnait réellement, pourquoi faudrait-il sans cesse renforcer, étendre et complexifier ces dispositifs ? Derrière le discours officiel se dessine une réalité plus brutale : l’élevage, pilier de nombreux territoires ruraux, se retrouve contraint de s’adapter en permanence à la présence de prédateurs protégés, sans jamais pouvoir retrouver une stabilité durable...
Ces territoires, vastes, réglementés et dotés de personnels formés, pourraient constituer le cadre naturel et cohérent d’accueil des grands prédateurs. La place du loup et de l’ours serait alors clairement définie : à l’intérieur de ces zones protégées, sous la responsabilité directe des agents des parcs nationaux, chargés de leur suivi, de leur régulation et de la gestion des éventuels conflits. En dehors de ces espaces, en revanche, la présence de grands prédateurs ne serait plus tolérée. Leur élimination ou leur reconduite vers les parcs relèverait des chasseurs, acteurs historiques de la gestion de la faune sauvage et déjà impliqués dans l’équilibre des populations animales. Une telle approche aurait le mérite de la clarté : elle mettrait fin à l’hypocrisie d’une cohabitation impossible, mais cependant imposée à des territoires qui n’en veulent pas, ou ne peuvent pas la supporter. Elle permettrait également de recentrer les moyens publics sur des zones précisément identifiées, plutôt que de disperser les aides sur l’ensemble du territoire. Certes, cette proposition heurte certains dogmes et devra composer avec les règlements européens de protection des espèces. Mais elle offre une piste de réflexion concrète, fondée sur la réalité du terrain et sur le respect des activités humaines. Parquer les grands prédateurs n’est pas les nier : c’est reconnaître que la coexistence généralisée a montré ses limites, et qu’une gestion territorialisée, assumée et lisible pourrait enfin apaiser un conflit vieux de plusieurs siècles.