- Aisne : le week-end dernier, un concours de chiens de chasse organisé à Flavacourt a suscité la polémique après la mort de faisans et de perdrix, utilisés pour tester les aptitudes de labradors et de golden retrievers.
Présent sur place, le militant anti-chasse Pierre Rigaux s’est opposé à l’événement et a surtout mené un travail de recherche d’incidents, documentant précisément le déroulement des épreuves, le nombre d’oiseaux tués et les conditions dans lesquelles ils l’ont été. Les organisateurs, eux, défendent une pratique réglementée, affirmant qu’elle est courante dans le monde cynégétique et conforme à la loi.
- Ardèche : une agricultrice a été condamnée, le 21 janvier 2026, par le tribunal de police d’Aubenas pour avoir piégé des sangliers sur sa propriété à Beaumont, en septembre 2024. Elle avait installé un dispositif de piégeage dans sa châtaigneraie pour protéger ses cultures, bien que ce type de capture soit interdit dans sa commune. Lors du jugement, le tribunal a suivi la demande de la partie civile, la FDC de l’Ardèche, et l’a condamnée pour chasse sans permis et usage d’un moyen non autorisé. Elle doit payer une amende pour chaque infraction, couvrir des frais de justice et faire détruire le piège. Le jour de l’audience, une soixantaine de personnes (représentants de syndicats agricoles et des élus) s’était rassemblée en soutien à l’accusée, exigeant une extension du piégeage dans le département. Contestant la décision, elle a annoncé son intention de faire appel, dénonçant ce qu’elle juge une injustice face à la prolifération des sangliers et l’absence de solutions adaptées pour protéger les exploitations agricoles.
- Aude : un arrêté préfectoral pris le 6 janvier 2026 relance la polémique autour de la régulation du sanglier et du chevreuil dans les Corbières, durement touchées par le mégafeu d’août 2025. Le texte autorise bien des actions de régulation, mais exclut les zones boisées incendiées, pour des raisons de sécurité liées notamment aux chutes d’arbres. Une mesure qui suscite l’incompréhension et la colère d’une partie du monde cynégétique et agricole. Fin 2025 déjà, le président de la FDC 11, Yves Bastié, dénonçait le « ras-le-bol » des chasseurs face à une pression croissante : moins de permis, mais davantage d’animaux prélevés, et une facture d’indemnisation des dégâts agricoles atteignant 460 000 € en 2024.
Dans les Corbières, plusieurs chasseurs ont en outre été verbalisés par l’OFB pour avoir opéré dans les secteurs interdits. Un courrier anonyme, largement diffusé localement, estime que les zones brûlées sont devenues des refuges favorables à la reproduction des sangliers et chevreuils, faisant craindre de nouveaux dégâts sur des exploitations déjà fragilisées. Les signataires demandent une révision de l’arrêté. La préfecture, elle, maintient que la sécurité prime, un argument que les chasseurs jugent insuffisant au regard de l’urgence de la régulation.
Côtes d’Armor : l’affaire des algues vertes, devenue emblématique des enjeux sanitaires et environnementaux en Bretagne, connaît un nouveau rebondissement judiciaire. Elle concerne le décès de Thierry Morfoisse, chauffeur routier mort en 2009 alors qu’il transportait des algues vertes en décomposition sur la plage de Binic. Exposé à des émanations d’hydrogène sulfuré (H2S), un gaz hautement toxique produit lors de la putréfaction des algues, il avait été retrouvé sans vie dans son camion. Depuis plus de quinze ans, sa famille se bat pour faire reconnaître un lien entre son décès et cette exposition. En 2023, la cour d’appel de Rennes avait écarté la responsabilité de l’État, estimant que le lien de causalité entre la mort du chauffeur et les algues vertes n’était pas suffisamment établi. Cette décision avait suscité une vive incompréhension chez les proches de la victime, mais, dans un arrêt rendu le 8 janvier 2026, la Cour de cassation a annulé cette décision. La plus haute juridiction de l’ordre judiciaire a estimé que la Cour d’appel n’avait pas suffisamment motivé son raisonnement, notamment sur l’évaluation des risques connus liés aux émanations gazeuses des algues en décomposition. L’affaire sera donc rejugée en appel, ouvrant la voie à un nouvel examen des responsabilités...
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