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Prévoir les sécheresses grâce au débit des rivières

Anticiper une sécheresse avant que ses conséquences ne deviennent critiques est devenu un enjeu majeur pour la gestion de l’eau. En France, les services de l’État disposent notamment de PREMHYCE, un outil développé par la recherche et coordonné par INRAE, qui permet de prévoir l’évolution des débits des rivières jusqu’à 90 jours. Son objectif est concret : fournir aux services de l’État des indications permettant d’anticiper les périodes de faibles débits et, lorsque cela est nécessaire, de préparer les restrictions de consommation d’eau adaptées. Une baisse importante du débit des cours d’eau peut en effet avoir des conséquences très concrètes, jusqu’à compromettre localement l’accès à l’eau potable. PREMHYCE s’appuie sur les données recueillies par environ un millier de stations de mesure réparties sur le territoire français. Ces informations sont confrontées à plusieurs modèles météorologiques, climatiques et hydrologiques développés notamment par INRAE, le BRGM, EDF, Météo-France et l’université de Lorraine. À court terme, jusqu’à environ quinze jours, les prévisions utilisent notamment les précipitations attendues. Au-delà, les modèles s’appuient sur les relations observées pendant de nombreuses années entre les conditions climatiques et les débits des rivières. Les différentes simulations sont accompagnées d’incertitudes, permettant aux services des DREAL d’évaluer plusieurs scénarios avant d’informer les préfectures. L’outil permet ainsi de passer d’une simple observation de la sécheresse à une véritable démarche d’anticipation. Les données de débit constituent un indicateur essentiel pour déterminer comment une situation pourrait évoluer et quelles mesures pourraient être nécessaires. La comparaison des sécheresses de 1976 et 2022 illustre également l’intérêt de ces données. Selon INRAE, les deux épisodes étaient comparables par leur ampleur et leur extension à une grande partie du territoire, avec toutefois une situation plus marquée dans l’Est en 2022 et davantage dans l’Ouest en 1976. Les épisodes sévères ne sont pas nouveaux : des sécheresses importantes avaient déjà été observées en 1921 et 1949. Mais leur répétition et l’évolution attendue du climat rendent indispensable l’amélioration des outils de prévision. PREMHYCE, soutenu notamment par l’OFB et le ministère de la Transition écologique, s’inscrit ainsi dans une logique simple : mieux prévoir les étiages pour mieux anticiper les conséquences des sécheresses et adapter la gestion de l’eau.

Tourterelle des bois : le quota de chasse porté à 12 000 oiseaux

Après plusieurs années de moratoire, la tourterelle des bois pourrait être chassée en France lors de la saison 2026-2027. Le projet d’arrêté soumis à consultation prévoit même une hausse du plafond national, porté à 12 000 oiseaux, contre 10 560 la saison précédente. Une décision qui s’inscrit dans le dispositif de gestion adaptative mis en place pour accompagner le redressement des populations sur l’axe migratoire occidental. Le chiffre mérite toutefois d’être mis en perspective : le quota de 10 560 oiseaux attribué en 2025-2026 n’avait pas été atteint. 7 483 tourterelles avaient finalement été prélevées et déclarées, soit environ 71 % du plafond. Pour la prochaine saison, chaque prélèvement devra de nouveau être déclaré immédiatement dans ChassAdapt. Les données seront transmises quotidiennement à l’OFB et au ministère. Une fois les 12 000 oiseaux atteints, les déclarations seront bloquées et tout prélèvement supplémentaire deviendra illégal. Selon les données reprises par le Comité d’experts sur la gestion adaptative (CEGA), celle-ci comptait environ 2,12 millions de couples reproducteurs en 2025. Depuis la mise en place du moratoire, les effectifs auraient progressé de 46,6 %, soit une hausse moyenne de 9,6 % par an entre 2021 et 2025. Les indicateurs de survie des adultes et des jeunes se sont également améliorés. C’est sur cette dynamique que repose le principe d’une reprise encadrée de la chasse. Le niveau de prélèvement retenu correspond à une fraction limitée de la population de la voie migratoire, puis répartie entre les différents pays. Dans cette logique, les experts considèrent que les 12 000 oiseaux attribués à la France peuvent être compatibles avec une exploitation durable à l’échelle de cette population ouest-européenne. Pour les chasseurs, cette évolution constitue donc un signe encourageant. La gestion adaptative prend ici tout son sens : lorsque les indicateurs progressent, le prélèvement peut évoluer lui aussi, sans remettre en cause le principe de surveillance scientifique.

Sécheresse : comment aider la faune sauvage sans lui apporter d’eau ?

Lorsque la sécheresse s’installe et que les températures s’envolent, la tentation est grande de vouloir intervenir directement : remplir des abreuvoirs, déposer de la nourriture ou multiplier les points d’eau. Pourtant, aider la faune sauvage ne consiste pas nécessairement à prendre en charge chaque animal individuellement. La meilleure réponse est souvent de préserver le milieu dans lequel il vit. En période de forte chaleur, les ronces, les broussailles, les haies, les bandes enherbées et les lisières jouent plusieurs rôles essentiels. Ils procurent des abris, permettent aux animaux de se déplacer à couvert et constituent des zones de repos et de fraîcheur qui limitent leur exposition directe au soleil. Dans une campagne soumise à la sécheresse, chaque îlot de végétation peut ainsi devenir un refuge précieux. Sans apporter la moindre goutte d’eau, il est également possible de favoriser le maintien d’une certaine humidité dans les sols. Conserver une couverture végétale, éviter de laisser les terres totalement nues et préserver la matière organique contribuent à ralentir leur dessèchement. L’objectif n’est alors plus de fournir artificiellement de l’eau à la faune, mais de retenir le plus longtemps possible celle que la nature apporte encore. Lorsqu’un point d’eau naturel subsiste, sa préservation devient évidemment prioritaire. Une mare, un fossé humide ou une zone marécageuse constituent des ressources précieuses qu’il convient de préserver. Éviter de dégrader leurs abords, de supprimer la végétation qui les entoure ou d’y multiplier les dérangements permet de maintenir des refuges utiles à de nombreuses espèces. La question des déplacements est également essentielle. Une haie, un fossé végétalisé, une bande boisée ou une succession de bosquets permettent aux animaux de rejoindre différents secteurs favorables. En période de sécheresse, lorsque les ressources deviennent plus dispersées, ces continuités prennent une importance particulière. Elles peuvent aussi limiter les déplacements forcés vers les routes, les zones urbanisées ou les espaces agricoles fréquentés. Reste enfin un conseil qui peut sembler paradoxal : savoir ne pas intervenir. Nourrir ou abreuver systématiquement les animaux sauvages peut les concentrer artificiellement, modifier leurs comportements et favoriser certains problèmes sanitaires. La faune sauvage doit rester… sauvage. La meilleure aide n’est pas toujours celle qui se voit. Parfois, protéger la faune consiste simplement à ne pas détruire les derniers refuges qu’elle possède.

La semaine en bref...

- Alpes de Haute-Provence : un vautour a été secouru mercredi 12 août 2026 après s’être retrouvé immobilisé sur le terre-plein central de l’autoroute A51, à hauteur de La Brillanne. Vers 10h30, plusieurs automobilistes ont alerté les autorités après avoir aperçu le rapace au sol, incapable de repartir. Deux patrouilles du peloton motorisé de Peyruis, accompagnées d’un patrouilleur de Vinci Autoroutes, sont intervenues pour sécuriser les lieux et récupérer l’oiseau. L’opération s’est déroulée sans incident et le vautour a pu être mis en sécurité. Les militaires l’ont ensuite transporté chez un vétérinaire à Peyruis afin qu’il soit examiné. L’intervention aura permis d’éviter qu’un nouvel accident ne survienne sur cette portion très fréquentée de l’autoroute et de donner une chance au vautour de retrouver la liberté. (Photo DR Gendarmerie 04)

 

- Ariège : un nouvel incident impliquant un ours brun a été signalé vendredi 7 août, sur l’estive d’Arréou. Un éleveur de brebis s’est retrouvé directement confronté au plantigrade alors qu’il se trouvait avec son troupeau. Selon les premiers éléments disponibles, l’ours a chargé sa chienne, provoquant une situation particulièrement tendue. Cette rencontre intervient dans un contexte déjà très difficile pour les éleveurs, régulièrement confrontés à la présence de l’ours et à des attaques sur leurs troupeaux. L’estive avait notamment subi en 2025 une forte concentration de prédations, avec plusieurs dizaines de brebis tuées et des animaux disparus. La situation de 2026 reste à documenter précisément, mais cet épisode relance les inquiétudes concernant la sécurité des bergers et l’efficacité des dispositifs de protection. Le groupement pastoral d’Arréou avait d’ailleurs demandé la possibilité de participer directement à des opérations d’effarouchement non létal. Une modification réglementaire a été engagée en ce sens en 2026.

 

- Aveyron : la FDC constate un regain d’intérêt pour la chasse, notamment chez les jeunes. Les femmes sont également de plus en plus nombreuses à rejoindre les rangs, tandis que certains actifs et retraités découvrent la pratique plus tardivement. Malgré cette évolution positive, le renouvellement des générations ne compense pas encore les départs liés à l’âge. Le département compte environ 9 000 chasseurs, qui prélèvent chaque saison plus de 15 000 sangliers, 10 000 chevreuils et 1 500 grands cervidés. Ces volumes témoignent de l’importance du grand gibier dans le département et représentent également une quantité conséquente de venaison à valoriser. Pour la FDC12, le manque d’effectifs se fait particulièrement sentir lors des opérations de terrain, la charge de travail reposant sur un nombre plus limité de chasseurs. Deux possibilités permettent de découvrir la chasse. Le permis est accessible dès 16 ans après réussite d’un examen théorique et pratique. La chasse accompagnée permet, dès 15 ans, de découvrir gratuitement la pratique pendant un an aux côtés d’un titulaire du permis depuis au moins cinq ans. Une formation préalable est obligatoire et, sur le terrain, une seule arme est autorisée pour deux participants...

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Sécheresse : le CASH réuni face à une France sous tension, mais quelles mesures concrètes ?

Le rendez-vous était très attendu. Mercredi 12 août, à l’Hôtel de Roquelaure, la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, a réuni le Comité d’anticipation et de suivi hydrologique (CASH) ainsi que les préfectures de région pour faire le point sur la situation de la ressource en eau. Une réunion organisée alors que la sécheresse s’étend à l’ensemble de la France métropolitaine et que les tensions sur l’eau potable deviennent de plus en plus préoccupantes. Au 9 août, 99 départements étaient au minimum placés en vigilance, dont 67 en situation de crise et 21 en alerte renforcée. Près de 70 % du territoire était ainsi soumis à des restrictions d’usage de l’eau. La réunion devait permettre de croiser les données de Météo-France, du BRGM et des services de l’État concernant les nappes phréatiques, les cours d’eau et l’humidité des sols, mais aussi d’évaluer les conséquences de la sécheresse sur l’agriculture, les activités économiques, les territoires, la faune et la flore. Dès l’ouverture de la réunion, Monique Barbut a donné le ton en évoquant une situation qui ne cesse de se dégrader. Selon les chiffres présentés par la ministre, environ 40 000 personnes sont désormais confrontées à des difficultés d’approvisionnement ou à des coupures d’eau potable dans une cinquantaine de départements. Une situation qui fait de l’alimentation en eau potable la priorité immédiate du gouvernement. La ministre a également mis en avant l’ampleur économique de l’épisode climatique. Elle a évoqué une première estimation de 10 à 15 milliards d’euros de coûts directs et indirects pour les épisodes de chaleur de l’été 2026, tout en précisant que cette évaluation devait être considérée avec prudence. L’Insee a, de son côté, indiqué ne pas être à l’origine de ce chiffrage et ne pas disposer encore d’une estimation officielle consolidée. Autre chiffre cité lors de cette ouverture : la semaine précédente, l’approvisionnement de plus de 550 000 habitants était considéré comme étant sous tension, tandis que près de trois millions d’habitants étaient placés en vigilance...

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Chasse : trente ans de recours qui ont bouleversé le paysage cynégétique français

Pendant longtemps, les affrontements entre chasseurs et défenseurs de la nature se jouaient sur le terrain, dans les médias ou au Parlement. Depuis une trentaine d'années, le rapport de force s'est largement déplacé vers les tribunaux. Arrêtés ministériels, décisions préfectorales, dates d'ouverture et de fermeture, modalités de chasse ou listes d'espèces chassables : presque chaque texte réglementaire peut désormais faire l'objet d'un recours. Cette stratégie judiciaire, portée principalement par des associations comme la LPO, France Nature Environnement, l'ASPAS ou One Voice, a profondément transformé le cadre de la chasse française. Leur objectif est d'obtenir, par la voie du droit, une protection renforcée de la faune sauvage en s'appuyant sur les textes nationaux et européens. Les directives européennes « Oiseaux » et « Habitats », la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne ainsi que celle du Conseil d'État constituent leurs principaux leviers. Dès lors qu'une autorisation de chasse, une méthode de capture ou le prélèvement d'une espèce leur paraît insuffisamment justifié au regard de l'état de conservation des populations, elles saisissent la justice administrative. Cette évolution a modifié les relations entre l'État et le monde cynégétique. Les ministres chargés de la Chasse voient régulièrement leurs arrêtés suspendus ou annulés, tandis que les préfets sont confrontés à des contentieux de plus en plus fréquents. Au fil des années, le recours est devenu un véritable outil d'influence, parfois plus efficace que le débat politique. Pour les associations écologistes, cette judiciarisation constitue une avancée majeure. Elles estiment que les décisions publiques doivent respecter strictement le droit européen et s'appuyer avant tout sur les données scientifiques relatives à l'état des populations sauvages. Les chasseurs portent un regard bien différent sur cette évolution. Beaucoup dénoncent une remise en cause permanente de décisions pourtant élaborées après concertation avec les fédérations et validées par les autorités publiques. Ils reprochent également aux associations d'utiliser systématiquement le contentieux pour faire évoluer la réglementation, parfois indépendamment de la réalité observée sur le terrain. Le constat est néanmoins clair : en quelques décennies, la chasse française est devenue l'une des activités rurales les plus encadrées juridiquement...

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Qui fait quoi dans nos territoires ? Un outil pour enfin s’y retrouver

Pour beaucoup de citoyens, et sans doute pour nombre de chasseurs, l’organisation territoriale française ressemble parfois à un véritable jeu de piste. Commune, intercommunalité, département, région… À qui faut-il s’adresser lorsqu’une décision concerne l’environnement, la voirie, l’aménagement, la sécurité ou encore le développement économique ? Et surtout, qui décide réellement ? C’est justement pour aider à y voir plus clair que l’Agence d’urbanisme Besançon Centre Franche-Comté (AUDAB) vient de publier un nouveau poster consacré aux compétences territoriales. Créée en 2000, l’AUDAB est une association qui accompagne ses adhérents et les acteurs locaux dans la connaissance et l’aménagement durable des territoires. Elle constitue un outil d’observation, d’expertise, de prospective et d’ingénierie territoriale, travaillant notamment sur l’urbanisme, la planification, l’habitat, les mobilités, l’environnement et le développement économique. Son nouveau poster, publié en juin 2026, est accompagné d’une publication de quatre pages consacrée à la répartition des compétences entre les différents échelons territoriaux. L’intérêt de ce document est de permettre de comprendre rapidement qui fait quoi en 2026. Le schéma présente les responsabilités des communes, des différentes catégories d’intercommunalités – communautés de communes, communautés d’agglomération, communautés urbaines et métropoles –, mais aussi celles des départements et des régions. Dix grandes thématiques sont passées en revue : aménagement et urbanisme, action sanitaire et sociale, culture et sports, développement économique, enseignement et formation, environnement, grands équipements, habitat, sécurité, mobilité et voirie. Pourquoi cet outil peut-il intéresser les chasseurs ? Tout simplement parce que la chasse et la gestion de la faune sauvage ne vivent pas en vase clos. Les décisions qui concernent les territoires ruraux peuvent relever de plusieurs niveaux de collectivités et s’inscrire dans des politiques d’aménagement, d’environnement, d’eau, de voirie ou de développement local. Pour les chasseurs, comme pour tous les citoyens, mieux connaître cette organisation permet donc de mieux comprendre les décisions prises sur leur territoire, mais aussi de savoir à qui poser une question, présenter une remarque ou défendre un projet. Un document sans doute moins spectaculaire qu’une sortie de chasse, mais particulièrement utile pour devenir un citoyen territorial mieux informé.

 

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Du gaz à effet de cerf...

Après les loups, les sangliers, les chevreuils, voilà maintenant les cerfs « climatiquement suspects ». Il fallait y penser ! Une équipe du Max Planck Institute for Biogeochemistry vient en effet de se pencher très sérieusement sur une question essentielle : combien de méthane les ruminants sauvages rejettent-ils dans l’atmosphère ? Les chercheurs estiment la production mondiale de ces émissions digestives à environ 2,95 millions de tonnes de méthane par an. Impressionnant certes, mais nettement moins que les anciennes estimations utilisées dans certains inventaires, qui s’étaient, elles, envolées jusqu’à 15 millions de tonnes. Faudra-t-il bientôt installer des détecteurs de méthane à l’entrée des massifs forestiers ou instituer un permis de péter en forêt ? Rassurons nos grands cervidés : l’étude ne les transforme absolument pas en catastrophe climatique sur pattes. Les chercheurs cherchent avant tout à mieux intégrer une source naturelle encore insuffisamment documentée dans l’évaluation du budget mondial du méthane. Le plus amusant est peut-être ailleurs. Voilà des animaux qui vivent depuis des millénaires dans nos forêts, nos montagnes et nos plaines. Ils broutent, ils ruminent, ils digèrent et, accessoirement, ils ont un trou de balle... qui participe lui aussi au fonctionnement de la planète ! Le cerf élaphe n’est évidemment pas le seul concerné. Élans, rennes et autres ruminants sauvages participent également à cette production naturellement gazeuse. Les chercheurs soulignent d’ailleurs que leurs estimations devront encore être affinées, notamment en fonction des populations, des variations saisonnières et des autres sources naturelles. Alors, que retenir de cette extraordinaire découverte ? Que même le cerf a désormais son bilan carbone… et bientôt peut-être son bilan intestinal ! Après avoir expliqué aux chasseurs qu’ils devaient mieux comprendre la nature, certains pourraient peut-être commencer par accepter une idée toute simple : la nature fonctionne sans nous demander notre autorisation. Elle respire, elle mange, elle digère, elle fermente, et... produit aussi quelques gaz à effet de cerf.

Ostéopathie animale : des règles renforcées

Un nouveau cadre réglementaire vient préciser l’organisation de la formation à l’ostéopathie animale. Le décret n° 2026-755 du 5 août 2026, publié au Journal officiel le 9 août, instaure notamment une obligation déclarative pour les établissements préparant aux épreuves d’aptitude, et prévoit la publication d’indicateurs de réussite. Ces nouvelles dispositions sont entrées en vigueur le lendemain de leur publication. Désormais, les établissements concernés doivent déclarer leur activité au Conseil national de l’Ordre des vétérinaires avant leur ouverture, puis tous les cinq ans. Ils doivent notamment préciser leurs sites, leur capacité d’accueil, les formations proposées ainsi que leurs moyens humains et matériels. Le texte prévoit également que les résultats aux épreuves d’aptitude soient suivis et publiés par établissement à partir de 2028, sur la base notamment des résultats de 2027. Cette évolution intervient dans un domaine où les exigences sont déjà importantes. Pour pouvoir réaliser des actes d’ostéopathie animale, les candidats doivent réussir une épreuve d’aptitude comprenant notamment une évaluation de leurs capacités à analyser une situation clinique, établir un diagnostic ostéopathique et choisir les manipulations adaptées. Ils doivent également savoir reconnaître les situations nécessitant l’intervention d’un vétérinaire. Ces dispositions concernent directement les nombreux professionnels appelés à travailler avec les chiens de sport, de travail ou de chasse. La vénerie constitue à ce titre un terrain particulièrement intéressant, avec des chiens courants soumis à des efforts prolongés, des déplacements répétés sur des terrains accidentés et des contraintes locomotrices importantes. Des formations en ostéopathie animale utilisent d’ailleurs désormais la Société de Vénerie comme plateau technique, afin de confronter les étudiants aux spécificités de la locomotion des chiens de meute et des chevaux évoluant en milieu forestier. Pour les chiens de chasse, l'enjeu est concret : récupération après l'effort, observation de la locomotion, détection d'anomalies et orientation vers le vétérinaire lorsque la situation dépasse le champ de l'ostéopathie. Le nouveau dispositif vise ainsi autant à mieux encadrer les formations qu'à donner davantage de lisibilité aux propriétaires d'animaux sur le niveau de préparation des futurs praticiens. Il ne s'agit donc pas seulement d'une affaire administrative : derrière les nouvelles obligations se trouve un enjeu essentiel, celui de la compétence des professionnels amenés à intervenir sur des animaux sportifs dont les capacités physiques sont fortement sollicitées.

Dix ans d’ORE : protéger la nature, ou sanctuariser des confettis ?

Dix ans après leur création par la loi du 8 août 2016, les obligations réelles environnementales (ORE) sont présentées comme un outil permettant aux propriétaires de protéger durablement la biodiversité. Le principe est séduisant : un propriétaire signe avec une collectivité ou un organisme de protection de l’environnement un contrat qui fixe des obligations pouvant courir jusqu’à 99 ans. Surtout, ces engagements restent attachés au terrain et s’imposent aux propriétaires successifs. Mais derrière cette belle mécanique juridique se pose une question beaucoup moins confortable : quelle efficacité écologique réelle pour de minuscules parcelles isolées ? L’exemple des Sorinières, au sud de Nantes, est révélateur. Un particulier a choisi de placer sous ORE une parcelle d’environ 2 500 m², soit un quart d’hectare, située entre des terres maraîchères et la route départementale 78. Il y a installé des haies sèches, conservé des végétaux et aménagé son terrain afin d'attirer la petite faune. Il y observe notamment oiseaux, grenouilles, libellules, renards ou encore, occasionnellement, un héron. L’intention est évidemment respectable. Mais peut-on raisonnablement présenter un tel îlot comme un véritable sanctuaire de biodiversité ? Une parcelle de cette dimension peut fournir nourriture, abri ou zone de repos à certaines espèces. Mais elle ne constitue pas pour autant un écosystème autonome. Pour de nombreux mammifères, oiseaux ou reptiles, la question essentielle est celle de la continuité avec les habitats environnants. Or, un petit espace naturel cerné par des cultures et une route n'est pas nécessairement un refuge idéal. La route peut devenir une zone de mortalité ; les cultures voisines peuvent constituer un milieu exploité mais soumis à des pratiques agricoles ; et l’isolement peut limiter les déplacements et les échanges entre populations. Le paradoxe est alors saisissant : vouloir protéger la faune peut aussi conduire à concentrer artificiellement les attentes sur un îlot qui ne possède pas les dimensions nécessaires pour remplir toutes les fonctions écologiques qu’on lui prête. L’ORE, rappelons-le, ne transforme d'ailleurs pas une propriété en réserve naturelle intégrale. Le contrat définit librement les engagements destinés à maintenir, conserver, gérer ou restaurer des éléments de biodiversité ou des fonctions écologiques. Le propriétaire conserve son bien et ses usages, dans les limites prévues par le contrat. Le problème n’est donc pas l’ORE en elle-même. C’est le récit qui peut l’accompagner. Protéger juridiquement 2 500 m² pendant 99 ans ne garantit pas que la biodiversité y trouvera son compte pendant 99 ans. Après dix années d’existence, il serait peut-être temps de mesurer autre chose que le nombre de contrats ou d’hectares concernés : quelles espèces sont réellement présentes ? Se reproduisent-elles ? Les populations progressent-elles ? Les parcelles sont-elles connectées aux autres habitats ? Quel est le taux de mortalité aux abords ? Sans ces réponses, on risque de confondre deux choses : sanctuariser un terrain et protéger efficacement la nature. Et entre les deux, il y a parfois… 99 ans de différence.

Eau : cellule de crise au ministère de la Transition écologique

Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature, a réuni les membres du Comité d’anticipation et de suivi hydrologique (CASH), ainsi que les préfectures de région, pour évoquer les enjeux de sécheresse, ce mercredi 12 août à 14h00, à l'Hôtel de Roquelaure. Alors que la France traverse une sécheresse particulièrement intense, les effets du changement climatique continuent d’accentuer les tensions sur la ressource en eau. Au 9 août, l’ensemble du territoire métropolitain était, a minima, en seuil de vigilance. Parmi eux, 67 départements sont placés en situation de crise, soit une large majorité des départements français, et 21 départements en alerte renforcée. Ainsi, près de 70% du territoire français fait l'objet de restrictions d'usage de l'eau. Dans ce contexte, cette réunion sécheresse, réunissant les préfectures de régions et les opérateurs de l’Etat dédiés, a permis de dresser un état des lieux actualisé de la situation hydrologique sur l’ensemble du territoire. Les échanges s’appuyaient sur les dernières analyses de Météo-France, du Bureau de Recherches Géologiques et Minières (BRGM) et des services de l’État afin de faire le point sur l’évolution des nappes phréatiques, des cours d’eau et de l’humidité des sols, ainsi que sur les conséquences de cette situation pour les différents usages de l’eau et les territoires. Un focus a également été fait concernant l’impact de la sécheresse sur la faune et la flore. Les membres du comité ont partagé leurs retours d’expérience sur la gestion de cet épisode de sécheresse et échangé sur les mesures permettant de renforcer durablement l’anticipation, la prévention et la résilience des territoires face à la multiplication et à l’intensification des épisodes de tension sur la ressource en eau...

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En mémoire : Louis de Rohan-Chabot, une vie consacrée à la chasse et à la conservation

Le Conseil international pour la conservation de la faune sauvage (CIC) a annoncé avec une profonde tristesse le décès, le 10 août 2026, de Louis de Rohan-Chabot, ancien chef de la délégation française du CIC et personnalité particulièrement estimée dans les milieux de la chasse et de la conservation, en France comme à l’étranger. Né le 7 décembre 1940 à Paris, Louis de Rohan-Chabot aura consacré une grande partie de son existence à la protection de la faune sauvage, à la promotion d’une chasse responsable et à la défense des institutions qui œuvrent en faveur de sa conservation. Au début des années 2000, il prit la direction de la délégation française du CIC, dont il accompagna les actions avec conviction, disponibilité et cette autorité discrète qui le caractérisait. Son engagement ne s’est pas limité au CIC. Il présida également le Club de la Chasse et de la Nature à Paris, et apporta durant de nombreuses années son concours à la Fondation François Sommer, notamment en qualité de trésorier. Au sein du CIC, il participa également au jury littéraire à partir de 2008, avant d’être élu en 2011 au comité de pilotage, instance consultative auprès du président. Mais au-delà des fonctions et des responsabilités, c’est surtout l’homme, le chasseur et l’ami que beaucoup garderont en mémoire. Passionné de chasse, chaleureux, généreux et doté d’un esprit particulièrement vif, Louis, affectueusement surnommé « Loulou » par ses proches, était apprécié pour son élégance, sa bonne humeur et sa fidélité en toutes circonstances. Ceux qui eurent la chance de chasser à ses côtés se souviendront d’un compagnon attentif et enthousiaste. Au cours de ses dernières années, confronté à la maladie, il conserva cette discrétion et cette dignité qui avaient toujours marqué son caractère. Il ne renonça jamais pour autant à son attachement au CIC, à ses amis ni à son amour de la nature et de la chasse. Avec sa disparition, le monde international de la conservation et de la chasse perd une personnalité engagée et profondément attachante. Son parcours témoigne d’une conviction forte : la connaissance de la faune, sa conservation et l’utilisation durable de ses ressources peuvent et doivent aller de pair. Louis de Rohan-Chabot laisse derrière lui bien plus qu’un parcours et des responsabilités : le souvenir d’un homme dont l’élégance, l’amitié et l’engagement continueront de vivre dans la mémoire de ceux qui l’ont connu. Nous nous associons à la peine de sa famille et de ses proches et leur adressons nos plus sincères condoléances.